Mauritanie: prison ferme pour trois militants anti-esclavagistes

Par La rédaction

NOUAKCHOTT (AFP)

Trois militants anti esclavagistes en Mauritanie ont été condamnés jeudi soir à Nouakchott à six mois de prison ferme pour "agression contre la police" au cours d'une manifestation dénonçant un cas présumé d'esclavage.

Le juge de la chambre correctionnelle du tribunal de Nouakchott a prononcé une peine de prison d'un an d'emprisonnement, dont six mois ferme, contre les trois militants.Parmi eux figure le chef de l'ONG Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), Biram Ould Abeid.

Trois autres militants ont été condamnés à six mois de prison avec sursis.

Le parquet avait requis une peine de trois ans de prison contre M. Ould Abeid et une année contre les autres.

Ils étaient jugés pour "rassemblement non autorisé, agression contre les forces de l'ordre et direction d'une association non reconnue".La police avait publié des photos de policiers "blessés par les manifestants".

Les prévenus avaient plaidé non coupables à l'ouverture du procès.

"Je suis jugé pour mon combat contre l'esclavage en Mauritanie que les autorités ont toujours essayé de cacher", avait déclaré devant le tribunal M. Ould Abeid.

Les militants avaient été arrêtés le 13 décembre et placés en détention provisoire, à la suite d'une manifestation dénonçant des pratiques présumées esclavagistes contre deux filles, âgées de 10 et 14 ans.

Les fillettes avaient nié être esclaves.Mais la femme chez qui elles vivaient a été inculpée pour "exploitation de mineurs" et placée sous contrôle judiciaire en attendant son jugement.

L'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'homme avait estimé, fin décembre, que les six militants étaient victimes d'un "harcèlement judiciaire" ne visant "qu'à sanctionner leurs activités en faveur des droits de l'homme et de la lutte contre l'esclavage en Mauritanie", dans un communiqué publié à Paris et Genève.