Niger: l'opposition revient à la Commission électorale en vue du 2e tour de la présidentielle

Par AFP

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L'opposition nigérienne a décidé de reprendre sa place à la Commission électorale nationale indépendante (Céni) qu'elle boudait depuis 2017, cinq de ses représentants y étant été nommés lundi, a indiqué mardi un responsable de la coalition Cap 20-21, en vue du second tour de l'élection présidentielle.

Cinq membres devant siéger à la Céni "au titre de représentants des partis politiques de l'opposition" ont été nommés par un décret du président Mahamadou Issoufou, selon un communiqué du gouvernement lundi soir.Il s'agit de cinq représentants de la coalition d'opposition Cap 20-21, formée de dix-huit partis, dont l'un des candidats, l'ex-président Mahamane Ousmane, est qualifié pour le second tour de l'élection présidentielle le 21 février.Amadou Ali Djibo, un des responsables de Cap 20-21, a expliqué mardi à l'AFP ce retour à la Céni par la nécessité de "protéger" les résultats du deuxième tour, après les "nombreuses fraudes au premier tour" le 27 décembre. Mahamane Ousmane, crédité de 16,99% des voix au premier tour de la présidentielle, affrontera au second tour, en tant que candidat de la coalition Cap 20-21, l'ancien ministre de l'Intérieur et candidat du pouvoir Mohamed Bazoum, arrivé largement en tête avec 39,33% des suffrages.Pour l'emporter, les deux candidats doivent négocier des accords avec les 28 autres candidats malheureux. Mais cela s'annonce compliqué dans ce pays où les alliances se font et se défont rapidement.Lundi, Cap 20-21 a appelé à une alliance de toute l'opposition face à Mohamed Bazoum. La coalition, qui a dénoncé des irrégularités lors du premier tour, a d'ores et déjà menacé de ne pas reconnaître les résultats du second tour s'il n'est pas "transparent et honnête, sans bourrages d'urnes".Cap 20-21, lancée en septembre dans le but de soutenir le candidat le mieux placé pour le second tour, avait aligné quatre autres candidats au premier tour : Ibrahim Yacouba (5.38%), Omar Hamidou Tchiana (1.6%), Djibrilla Baré Maïnassara (0.36%), et Amadou Boubacar Cissé (0.35%).Lundi, dix autres candidats parmi lesquels l'ancien président Salou Djibo ont formé une autre coalition, l'Alliance des candidats pour le changement (ACC). L'ACC, dont les candidats ont cumulé moins de 10% des voix au premier tour, a proposé son soutien au second tour "à tout candidat intéressé", moyennant un partage du pouvoir ensuite.