Nigeria/présidentielle: un avocat et le gendre d'Atiku Abubakar arrêtés

4 mars 2019 à 16h29 par AFP

AFRICA RADIO

Un membre de la famille et un avocat d'Atiku Abubakar, candidat de l'opposition perdant lors de la présidentielle du 23 février au Nigeria, ont été arrêtés, a annoncé lundi à l'AFP l'agence nationale anticorruption.

"Une enquête est en cours contre Alhaji Babalele Abdullahi (gendre d'Atiku Abubakar) pour des accusations de blanchiment d'argent", a rapporté un agent de la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC). "La somme dont il est question s'élève à 150 millions d'euros".M. Abdullahi, qui travaillait également comme directeur des finances de la campagne électorale pour son beau-père, a été arrêté samedi dans sa maison, à Abuja. Cela fait suite à l'arrestation d'un avocat du candidat de l'opposition, Uyi Osagie, en garde à vue depuis le 18 février. L'EFCC a confirmé qu'il était toujours en détention depuis cette date, sans confirmer les peines ou les accusations à son encontre. L'EFCC est intervenue dans sa résidence à Lagos, la capitale économique, où les agents ont trouvé des sommes d'argent, a confirmé un des porte-parole d'Abubakar. "Ils mènent une campagne d'intimidation contre Atiku Abubakar", a commenté à l'AFP le porte-parole, Boladele Adekoya. Dans une déclaration sur Twitter, le candidat du Parti populaire démocratique (PDP) regrette que son genre et son avocat "doivent payer le prix de l'avoir soutenu". "Je demande à ceux qui les poursuivent de se souvenir que le rôle d'un gouvernement est d'assurer la paix pour tous, et pas seulement pour ceux qui sont de leur côté", a-t-il ajouté. Le président Muhammadu Buhari vient d'être réélu à la tête de la plus grande économie d'Afrique avec 56% des voix, sur la promesse d'éradiquer la corruption. Mais ses détracteurs affirment qu'il mène une chasse aux sorcières pour éliminer ses opposants. Abubakar n'a toujours pas reconnu la victoire de son rival lors du scrutin, dénonçant une "parodie d'élection" et s'est engagé à poursuivre le parti au pouvoir en justice pour avoir manipulé les résultats et truqué le scrutin. Les observateurs locaux de la société civile et ceux de l'Union européenne ont souligné des problèmes "graves" dans l'organisation du vote (retards à l'ouverture des bureaux, intimidations d'électeurs, destruction de matériel électoral), alors que l'élection avait déjà été retardée d'une semaine pour des raisons logistiques.