Ouganda: la radio du Buganda reprend ses émissions après un an de fermeture

24 octobre 2010 à 10h04 par La rédaction

KAMPALA (AFP)

Le Buganda, royaume traditionnel du sud de l'Ouganda, a annoncé dimanche que sa station radio avait repris ses programmes plus d'un an après avoir été fermée par le gouvernement qui accusait ses animateurs d'"incitation à la haine".

"CBS repart.Nous avons repris les émissions à 09h30 (11h30 GMT) samedi", a déclaré Charles Peter Mayiga, un porte-parole du royaume, qui possède la majorité des actions de la station FM.

Les autorités "ont appelé notre directeur hier qui est allé voir le responsable ministériel.Ils lui ont remis l'émetteur qu'ils avaient confisqué en septembre dernier".

CBS a été fermée le 10 septembre 2009 quand des partisans du Kabaka, le roi du Buganda, ont été à l'origine d'émeutes à Kampala contre la décision du gouvernement de restreindre les mouvements du Kabaka à l'intérieur du royaume.

Au moins 27 personnes ont été tuées lors de ces émeutes.

Plusieurs ministres avaient accusé CBS d'encourager les partisans du Kabaka, soutiens du royaume, à mener des attaques contre le peuple Ankole, l'ethnie du président ougandais Yoweri Museveni et de beaucoup de responsables politiques.

CBS a nié ces accusations et le gouvernement n'a pas publié d'informations sur les faits reprochés à la radio.

M. Mayiga a avancé que la décision des autorités était liée à la prochaine élection générale prévue en février 2011.

"Dans tous leurs déplacements (les autorités) les électeurs leur parlent de CBS," a indiqué M. Mayiga à l'AFP.

La guerre du bush, remportée avec le soutien du Buganda, a porté au pouvoir Museveni en 1986.

De nombreux Bugandais méprisaient le rival de Museveni, l'ancien président Milton Obote, car il avait déclaré illégaux les royaumes tribaux et forcé les Kabaka à l'exil.

Mais la popularité de Museveni dans la région s'est effritée notamment par son refus de donner au royaume le statut fédéral qu'il réclame.Sa réélection dépend en grande partie, selon les analystes, du soutien du Buganda.