Présidentielle en Côte d'Ivoire: Bédié officiellement investi par son parti

Par AFP

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L'ancien président Henri Konan Bédié, 86 ans, chef du principal parti d'opposition ivoirien a été officiellement investi samedi candidat de son parti à la présidentielle du 31 octobre, lors d'un meeeting qui a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de militants à Yamoussoukro (centre).

Il avait déjà été désigné candidat de son parti le Parti démocratique de Côte d'ivoire (PDCI) lors de d'une convention fin juillet et il avait déposé sa candidature en personne le 27 août à la commission électorale indépendante (CEI). "Je réaffirme solennellement que j'accepte d'être candidat à l'élection du 31 octobre 2020 (...) Je vais avec l'opposition remporter cette élection présidentielle afin de réussir une mission de salut public pour le bonheur de tous, en particulier des jeunes, filles et garçons des nouvelles générations", a affirmé M. Bédié, 86 ans devant une foule en liesse, agitant des petits drapeaux à son effigie."J'invite toutes les formations politiques qui le désirent à soutenir ma candidature à l'élection présidentielle" a ajouté M. Bédié, qui entend être le principal adversaire du président Alassane Ouattara, candidat à un troisième mandat controversé.M. Bédié a estimé que cette candidature était "une violation" par le président Ouattara "de la Constitution". Comme la précédente, la Constitution de 2016 limite à deux les mandats présidentiels. Mais les partisans de M. Ouattara affirment que le changement de Constitution a remis le compteur à zéro.M. Bédié ambitionne de revenir au pouvoir plus de vingt ans après avoir été renversé par un coup d'Etat qui a mis fin à sa présidence (1993-1999).Ce meeting dans la capitale politique ivoirienne et ville natale de Félix Houphouët-Boigny, président de la république de 1960 à 1993 et fondateur du parti, se voulait une démonstration de force alors que la campagne électorale n'est pas commencée. "Soyons déterminés et engagés car la victoire à cette élection est à notre portée" a-t-il notamment lancé aux responsables des autres formations politiques présentes à Yamoussoukro.Des délégations du Front populaire ivoirien (FPI) de l'ex-président Laurent Gbagbo et de Générations et peuples solidaires (GPS), de l'ex-chef rebelle et ancien Premier ministre Guillaume Soro.Ces deux poids-lourds, qui sont à l'étranger, ont vu des proches déposer leurs candidatures respectives à la présidence mais celles-ci devraient être invalidées par le Conseil constitutionnel en raison de condamnations par la justice ivoirienne, selon des sources judiciaires. M. Bédié retrouvera comme en 2010 au premier tour le président Alassane Ouattara, avec qui il avait scellé une alliance jusqu'à leur divorce en 2018.L'annonce de la candidature de M. Ouattara a provoqué des manifestations qui ont dégénéré en violences ayant fait une quinzaine de morts en août.La crainte de violences encore plus meurtrières, à l'approche du scrutin du 31 octobre, est forte, dix ans après la crise née de la présidentielle de 2010, qui avait fait 3.000 morts après le refus du président Gbagbo de reconnaitre sa défaite électorale face à Alassane Ouattara.