Présidentielle en Zambie, l'opposition dénonce des irrégularités

Par La rédaction

Lusaka (AFP)

Les bureaux de vote ont commencé à fermer mardi soir en Zambie, où 5,2 millions d'électeurs étaient appelés à désigner un successeur au défunt président Michael Sata, l'opposition dénonçant des fraudes là où les autorités évoquent des retards liés au mauvais temps.

Ce pays d'Afrique australe, où le président Sata est décédé fin octobre, pourrait connaître sa troisième alternance démocratique en 25 ans, un exploit sur le continent où nombre de partis sont au pouvoir depuis plusieurs décennies sans discontinuer.

Hakainde Hichilema, le principal candidat de l'opposition, s'est ému de ce que des bureaux de vote de régions isolées n'avaient toujours pas reçu de bulletins à la mi-journée.

"Pourquoi n'y a-t-il pas de bulletins dans nos fiefs?Quelqu'un manigance quelque chose.C'est de la fraude", a dénoncé "HH" après avoir voté à Lusaka.

Mettant en cause le mauvais temps, la commission électorale a assuré que tout le monde pourrait voter, alors que certains bureaux n'étaient toujours pas ouverts peu avant l'heure officielle de la fin du scrutin (16H00 GMT).

"Nous n'avons aucun contrôle sur la météo, et ce retard des agents électoraux et de la livraison des bulletins de vote était indépendant de notre volonté", a déclaré sa directrice Priscilla Isaacs.

Certaines routes ayant été coupées par les pluies, matériel de vote et personnel ont dû être transportés par hélicoptère militaire, et le mauvais temps a empêché certains appareils de voler, a-t-elle ajouté.

Candidat du Parti de l'unité pour le développement national (UNPD), l'homme d'affaires Hakainde Hichilema, 52 ans, pourrait l'emporter, selon la plupart des observateurs.

"HH" a pour principal adversaire le candidat du pouvoir, le ministre de la Défense Edgar Lungu, un juriste de 58 ans qui défend les couleurs du Front patriotique (FP) de feu Michael Sata. 

 

- Brouilles et réconciliations -

 

Le vainqueur, élu à la majorité simple, dirigera la Zambie jusqu'en septembre 2016, fin du mandat de cinq ans que n'a pas achevé Sata.

Les résultats de ce scrutin ouvert opposant onze candidats, au résultat imprévisible faute de sondage, devraient être connus vendredi.

Les habitants de la capitale se sont rendus en masse pour accomplir leur devoir électoral, malgré le froid et la pluie.

"Mon vote va faire la différence, nous allons nous débarrasser de la famille" PF, a assuré Matron Siyasiya, une vendeuse de légumes."Ils peuvent se vanter de tout leur bon travail, mais la faveur de Dieu va à mon candidat, +HH+."

Mais Grace Nyirongo, qui vend des plats à emporter, dit au contraire qu'elle était satisfaite du bilan du gouvernement sortant, qui a appelé à voter pour la continuité.

"Nous voulons que le gouvernement poursuive les projets initiés par Sata.Franchement il n'y a pas besoin de repartir à zéro", dit-elle.

Debout, trempé, dans la boue, Allan Kabwe, un fervent partisan du Front patriotique, ne veut pas se laisser décourager par les éléments: "Je sais que beaucoup de gens seront découragés, mais dès que j'aurai fini de voter, je ferai du porte-à-porte pour encourager les gens à venir voter.Nous devons mettre Edgar (Lungu) à State House", le palais présidentiel.

Hakainde Hichilema s'est imposé comme challenger en profitant des déchirements du Mouvement pour une démocratie multipartite (MMD) de Rupiah Banda, l'ancien président battu par Sata en 2011. 

Mais M. Banda, qui n'a pas pu se représenter, a appelé à voter pour Edgar Lungu, bien qu'il ait été traîné en justice --accusé de corruption-- sous son successeur, dont les opposants dénonçaient les tendances totalitaires.

La perspective d'une victoire de l'opposition a forcé le Front patriotique à serrer les rangs, alors qu'il était profondément déchiré, ses dirigeants en étant même venus à s'expliquer devant les tribunaux.

Se réconciliant à la dernière minute avec le président par intérim Guy Scott --un Blanc d'ascendance écossaise qui ne pouvait pas se présenter car ses parents n'étaient pas nés en Zambie--, Edgar Lungu s'est finalement posé en rassembleur, affirmant qu'il formerait un gouvernement de large union s'il était élu.