Rwanda: les premiers réfugiés africains bloqués en Libye attendus jeudi à Kigali

25 septembre 2019 à 13h16 par AFP

AFRICA RADIO

Un premier groupe de 75 réfugiés et demandeurs d'asile africains bloqués en Libye devrait arriver jeudi au Rwanda, dans le cadre d'un accord entre Kigali, l'Union africaine (UA) et le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), a-t-on appris mercredi de source onusienne.

"Le premier vol d'évacuation est prévu pour demain (jeudi). Il arrivera de nuit (dans la soirée) à Kigali", a indiqué à l'AFP par email un responsable du HCR sous couvert de l'anonymat. "Ce premier vol, dans le cadre du Mécanisme de transit d'urgence récemment mis en place, devrait avoir à bord 75 personnes concernées".Un autre vol avec 125 personnes est prévu "entre le 10 et 12 octobre", a précisé ce responsable.Avec cet accord signé le 10 septembre à Addis Abeba, et que l'UA espère reproduire dans d'autres pays africains, le Rwanda s'est engagé à accueillir dans un premier temps 500 de ces réfugiés et demandeurs d'asile.Ces 500 personnes, principalement originaires de la Corne de l'Afrique, seront accueillies dans un centre de transit au Rwanda avant d'être relocalisées dans d'autres pays ou, si elles le veulent, de retourner dans leur propre pays.Certains de ces réfugiés pourraient aussi "recevoir l'autorisation de rester au Rwanda", selon le gouvernement rwandais.Au total, les autorités rwandaises se disent prêtes à accueillir dans leur centre de transit jusqu'à 30.000 Africains bloqués en Libye, mais uniquement par groupes de 500, afin d'éviter que le pays ne soit débordé.L'ONU estime que 42.000 réfugiés africains se trouvent actuellement en Libye.En raison du chaos qui a suivi la chute de l'ancien dictateur Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est devenue un point de passage important pour les migrants originaires d'Afrique subsaharienne cherchant à rejoindre l'Europe.Le président rwandais Paul Kagame avait proposé dès novembre 2017 d'accueillir des Africains bloqués en Libye, dans la foulée d'un reportage de CNN montrant ce qui ressemblait à un marché d'esclaves.La question a une nouvelle fois pris de l'importance dernièrement après la mort en juillet de 40 personnes, tuées par une frappe aérienne sur un centre de détention de migrants à Tajoura, dans la banlieue-est de Tripoli.