Sénégal: quatre hommes inculpés pour "affiliation à un groupe terroriste"

11 février 2021 à 15h56 par AFP

AFRICA RADIO

La justice sénégalaise a inculpé et écroué pour "affiliation à un groupe terroriste" quatre présumés jihadistes membres d'une cellule démantelée fin janvier près de la frontière avec le Mali, a appris l'AFP jeudi de source judiciaire.

Ces quatre hommes sont poursuivis pour "association de malfaiteurs, apologie (du terrorisme) et affiliation à un groupe terroriste". Ils ont été écroués mercredi soir à Dakar, a déclaré à l'AFP une source judiciaire, confirmant sous couvert de l'anonymat des informations de la presse locale.Ils sont membres d'une cellule de soutien au groupe jihadiste du prédicateur malien Amadou Koufa, affilié à Al-Qaïda, selon la presse locale.Ils avaient été interpellés par la gendarmerie entre le 20 et le 23 janvier dans la petite ville frontalière de Kidira (est), sur l'axe Dakar-Bamako, avait indiqué le journal sénégalais Libération.Il s'agit notamment d'un boutiquier, placé sous surveillance depuis deux ans, dont le numéro de téléphone figurait dans un groupe Whatsapp lié à la Katiba Macina d'Amadou Koufa, selon le journal.Cette unité de combattants apparue dans le centre du Mali en 2015 est l'une des principales composantes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM, Jnim en arabe), plus grande alliance jihadiste affiliée à Al-Qaïda au Sahel.Des images de propagande jihadiste ont été retrouvées sur des téléphones saisis chez le boutiquier, qui aurait en outre hébergé en 2020 l'un des trésoriers de la Katiba Macina, selon la même source. Le commerçant, qui nie tout lien avec le groupe de Koufa, est soupçonné d'avoir été recruté pour aider des candidats sénégalais à rejoindre le groupe jihadiste, également actif au Burkina Faso.Un autre habitant de Kidira, lui aussi commerçant, aurait eu la même activité, qu'il nie, avec l'aide de deux complices, également interpellés, selon Libération.Alors que le Sénégal a été à ce jour épargné par les attentats, un rapport publié le 3 février par le Conseil de sécurité de l'ONU souligne que "des éléments du GSIM, soutenus par des influenceurs islamistes radicaux, se sont implantés au Sénégal", notamment sur l'axe Bamako-Dakar et dans l'est du pays.Le chef du renseignement extérieur français, Bernard Emié, a pour sa part averti début février qu'Al-Qaïda au Sahel cherchait à s'étendre vers le Golfe de Guinée, en particulier vers la Côte d'Ivoire et le Bénin.