Soudan: un dirigeant rebelle du Darfour rejette les accusations de Khartoum

29 décembre 2018 à 18h45 par AFP

AFRICA RADIO

Un haut dirigeant rebelle du Darfour, province de l'ouest du Soudan, a démenti samedi les accusations des autorités soudanaises selon lesquelles ses partisans prévoyaient de tuer des manifestants ou qu'ils étaient derrière les violences lors de manifestations.

Depuis le 19 décembre, le pouvoir du président soudanais Omar el-Béchir est confronté à une vague de manifestations. Au moins 19 personnes, dont deux membres des forces de sécurité, ont été tuées, selon un bilan officiel.Lors d'une conférence de presse Mamoun Hassan, ministre d'Etat à l'Information a indiqué vendredi que la police avait "capturé 10 personnes affiliées au groupe ALS/Abdel Wahid, saisi 14 Kalachnikovs et 1.000 munitions, et confisqué des ordinateurs". "Des documents trouvés sur les ordinateurs indiquent que ces personnes avaient l'intention de tuer des manifestants", a-t-il affirmé.Abdel Wahid Nur, chef de l'Armée de libération du Soudan (SLA) en exil à Paris, a démenti les accusations de Khartoum et affirmé que ses partisans n'étaient pas impliqués dans les violences."Ces manifestations sont l'oeuvre du peuple soudanais et nous en faisons partie. Comment pourrait-on utiliser la violence contre notre propre peuple?", a t-il déclaré à l'AFP par téléphone."Nous faisons face au régime (d'Omar el-Béchir) dans des zones de conflit, mais nous n'avons jamais utilisé des armes dans des zones civiles", a affirmé le dirigeant rebelle.Il a également assuré que ses partisans n'étaient pas responsables des incendies de bâtiments du gouvernement dans certaines villes ou localités aux premiers jours des manifestations, comme l'affirment les autorités.Le principal parti de l'opposition soudanaise al-Oumma avait aussi rejeté ces accusations des autorités comme un "mensonge monté de toutes pièces".Le SLA d'Abdel Wahid Nur et d'autres groupes armés du Darfour combattent les troupes soudanaises depuis 2003 dans cette vaste région de l'ouest du Soudan.Dans ce pays, en plein marasme économique, la décision du gouvernement de faire passer le prix du pain d'une livre soudanaise (1 centime d'euro) à trois livres, alors que le prix du carburant grimpait également, a provoqué la colère de la population.Au-delà des revendications sociales, certains manifestants réclament aussi "la chute du régime" du président Béchir, au pouvoir depuis 1989.