Tanzanie: l'opposant enlevé retrouvé sévèrement passé à tabac

9 mai 2019 à 6h46 par AFP

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Un opposant connu pour ses prises de position publiques hostiles au président tanzanien John Magufuli et qui avait été enlevé par des hommes armés a été retrouvé après avoir été sévèrement passé à tabac, a annoncé jeudi le principal parti d'opposition.

L'opposant Mdude Nyagali avait été kidnappé par quatre hommes brandissant des armes au moment où il quittait son lieu de travail samedi soir à Mbozi, dans le sud du pays, avait indiqué dimanche le parti Chadema.Sur son compte Twitter, le parti a annoncé mercredi soir qu'il avait été retrouvé. "Il est dans un très mauvais état de santé, mais il respire". "Il a été découvert dans un village à 70 km de son domicile. Il avait été sérieusement passé à tabac et il ne peut pas marcher", a déclaré jeudi à l'AFP le secrétaire général du Chadema, Vincent Masginji.Lundi, le porte-parole du parti, John Mrema avait affirmé qu'il y avait des "sérieuses raisons" de penser que les forces de sécurité étaient responsables de l'enlèvement.Le ministre adjoint de l'Intérieur, Hamad Masauni, avait nié cette accusation, précisant qu'une enquête avait été ouverte.Selon l'opposition, le président Magufuli a lancé une vague de répression depuis son élection en 2015, prenant des mesures contre les figures de l'opposition et limitant la liberté de la presse.Deux opposants, dont un parlementaire, ont été condamnés à cinq mois de prison en février pour diffamation envers le chef de l'Etat, surnommé "le bulldozer". Mdude Nyagali l'avait qualifié "d'hypocrite" dans un tweet transmis à 20.000 personnes quelques heures avant sa disparition. Il avait été accusé de sédition par le passé.Il avait été aussi menacé de subir le même sort que Tundu Lissu, député de Chadema, qui est soigné à Bruxelles après avoir été blessé par balle en septembre dernier. Son parti accuse le gouvernement d'avoir tenté de l'assassiner. Plus de cent groupes de la société civile ont signé cette année un communiqué commun qui condamne la répression "sans précédent" des droits de l'homme et de la démocratie.