Togo: liberté provisoire pour deux responsables de l'opposition arrêtés

17 décembre 2020 à 13h59 par AFP

AFRICA RADIO

Deux membres d'un important mouvement de l'opposition au Togo, arrêtés fin novembre, ont été remis en liberté provisoire jeudi, a indiqué à l'AFP le procureur de la République.

"Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson et Djossou Gérard sont remis en liberté provisoire et placés sous contrôle judiciaire", a précisé Essolissam Poyodi. "L'instruction préparatoire n'est pas terminée. Ils peuvent être rappelés à tout moment", a ajouté M. Poyodi. Me Darius Atsoo, l'un des avocats des deux opposants, a confirmé leur remise en liberté sur son compte Twitter. Mme Adjamagbo-Johnson, grande figure de l'opposition, et Gérard Djossou, tous deux membres de la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK), sont accusés "d'atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat et de groupement de malfaiteurs". Les perquisitions menées à leurs domiciles "ont permis la découverte et la saisie de documents et d'objets compromettants", faisant état d'"un plan de déstabilisation des institutions de la République" et "d'un projet criminel", avait affirmé le procureur de la République le 6 décembre. La DMK avait appelé à une marche fin novembre à Lomé pour protester contre les résultats de l'élection présidentielle de février qui a vu le président Faure Gnassingbé être réélu pour un quatrième mandat. La manifestation a été interdite par le gouvernement, qui a invoqué la pandémie de coronavirus. L'arrestation des deux opposants avait déclenché une vague d'indignation au sein de l'opposition et de la société civile, réclamant leur "libération immédiate". Les Evêques du Togo ont également plaidé pour leur libération pour la "décrispation du climat sociopolitique" dans le pays. Amnesty international a dénoncé de son côté la "répression croissante des voix dissidentes par les autorités togolaises". L'ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo, chef de file de la DMK, qui a obtenu 19,46% des suffrages à l'élection présidentielle, contre 70,78% pour Faure Gnassingbé, conteste toujours ces résultats. L'opposant n'a pas fait d'apparition publique depuis juillet et est visé par un mandat d'arrêt international.