Soudan: la Troïka appelle les manifestants à lever les blocages

8 octobre 2021 à 15h06 par AFP

AFRICA RADIO

La Troïka --Etats-Unis, Grande-Bretagne et Norvège--, à la manoeuvre sur le dossier soudanais, a exhorté vendredi les manifestants à cesser le blocage des routes, docks et de l'aéroport dans l'est du pays, après que le gouvernement a dit redouter une crise de l'approvisionnement.

Depuis le 17 septembre, des centaines de manifestants réclamant une meilleure représentation de la région orientale, riche en ressources mais pauvre en infrastructures, bloquent les principaux points d'entrée et axes de la ville de Port-Soudan, poumon commercial du Soudan. Ils ont uniquement accepté de laisser passer les barils de pétrole du Soudan du Sud voisin--sur lesquels Khartoum prélève une dîme-- vers l'export. Les représentants des protestataires ont envoyé leurs doléances à Khartoum qui dit les étudier, mais ne cesse dans le même temps de réclamer une levée des barricades à Port-Soudan, situé dans la province de la Mer Rouge. Dimanche, le gouvernement a affirmé que "le stock de médicaments maintenant en vie des malades était proche de l'épuisement", évoquant également de possibles pénuries de blé ou encore "de carburant qui pourraient mener au black-out électrique". Dans son communiqué, la Troïka reprend à son compte ces mises en garde et "appelle à la fin des blocages", exhortant les "leaders politiques de l'Est à répondre à la proposition de négociation du gouvernement par un dialogue politique plutôt que par des actions qui ne font que saper l'économie nationale". Les trois pays, représentants de la communauté internationale au Soudan, admettent dans le même temps "des défis de développement dans l'Est". Jusqu'ici, les contestataires assurent qu'ils continueront leurs blocages pour obtenir la part qu'ils estiment mériter, en soulignant que 60% de l'or du Soudan vient de l'Est, de même qu'une grande part du commerce international et de nombreuses cultures agricoles. Autant de richesses, disent-ils, qui traversent leurs trois provinces -Mer Rouge, Kessala et Gedaref- sans qu'ils n'en voient les retombées économiques ou sociales. Le Soudan est dirigé par des autorités militaro-civiles intérimaires depuis le renversement en 2019 du dictateur Omar el-Béchir. Mais entre un gouvernement défié le 21 septembre par une tentative de putsch et étranglé financièrement et des protestataires intransigeants, aucun accord en vue d'une solution à cette crise n'a jusqu'à maintenant été conclu.