Soudan: neuf morts dans de nouveaux heurts tribaux au Darfour (gouvernement)

AFRICA RADIO

29 décembre 2022 à 14h06 par AFP

Neuf personnes ont été tuées dans de nouveaux affrontements tribaux au Darfour, région de l'ouest du Soudan régulièrement secouée par des violences, selon un nouveau bilan annoncé jeudi par les autorités locales.

Les accrochages ont éclaté tard mercredi soir à Zalingei, capitale de l'Etat du Darfour-Centre, après la mort d'un homme de la tribu africaine Four, tué par un membre de la tribu arabe des Rizeigat, ont rapporté des témoins. Des Rizeigat à moto et armés ont par la suite attaqué des Fours installés dans un camp de déplacés de Zalingeia, a indiqué Adam Regal, porte-parole de la Coordination générale pour les réfugiés et les déplacés au Darfour. "Ces évènements regrettables ont coûté la vie à neuf personnes, et en ont blessé d'autres", a déploré le gouvernement local du Darfour-Centre dans un communiqué. Un précédent bilan de la Coordination générale pour les réfugiés et les déplacés au Darfour faisait état de huit morts. Un marché local a été "complètement incendié" durant les violences, précise ce communiqué, faisant état de discussions du gouvernement local avec les différentes parties pour mettre fin aux combats et du déploiement des forces de sécurité dans le secteur. Le Darfour est souvent le théâtre de violences tribales, entre autres provoquées par des disputes territoriales et des difficultés d'accès à l'eau. Samedi, des affrontements avaient déjà fait au moins 11 morts au Darfour-Sud. Une guerre civile déclenchée en 2003 entre le régime du président Omar el-Béchir, déchu en 2019, et des insurgés issus de minorités ethniques a fait environ 300.000 morts et près de 2,5 millions de déplacés selon l'ONU. Selon les experts, les conflits tribaux ont explosé au Soudan en raison du vide sécuritaire créé par le coup d'Etat mené par le chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Burhane, en octobre 2021, sonnant le glas de la fragile transition entamée après la destitution de M. Béchir. Un accord signé au cours de ce mois de décembre entre militaires au pouvoir et groupes civils censé sortir le pays d'un an de crise politique a été accueilli avec scepticisme car jugé "vague" et "opaque" par experts et militants prodémocratie. Les conflits tribaux ont tué cette année plus de 900 personnes, blessé 1.000 et déplacé près de 300.000, selon un rapport publié récemment par l'ONU.