Tunisie: sécurité renforcée pour empêcher l'accès au Parlement

Par AFP

AFRICA RADIO

Les autorités ont renforcé vendredi le dispositif sécuritaire autour du Parlement à Tunis en place depuis le coup de force du président en juillet, face à une tentative de députés d'y accéder pour reprendre les activités suspendues de la chambre.

Dès le matin, un dispositif important de policiers en uniforme et en civil encerclait le siège de l'Assemblée des représentants du peuple (ARP), des barricades ayant aussi été installées pour empêcher l'accès des piétons et des voitures, a constaté l'AFP. Plus de 80 députés, principalement du parti d'inspiration islamiste Ennahdha et son allié Qalb Tounes, avaient appelé les autres élus -- sur une assemblée qui en compte 217 -- à se rassembler devant le Parlement et à exiger la reprise de leurs travaux. Mais cet appel a été peu suivi: un seul député s'est présenté devant le Parlement dans le quartier du Bardo, selon des journalistes de l'AFP sur place, alors que des médias locaux ont fait état de deux élus présents. "En tant que député, je suis venu pour reprendre mon travail au Parlement mais j'ai trouvé toutes les portes fermées", a indiqué à la presse Mohamed Goumani, parlementaire d'Ennahdha. Surveillé par des policiers en civil, il a été pris à partie par des partisans du président Kais Saied. Le 25 juillet, le président Kais Saied a suspendu le Parlement, limogé le Premier ministre et repris en main aussi le pouvoir judiciaire, un coup de force qu'il a officialisé le 22 septembre dans des mesures exceptionnelles. Ces dispositions prévoient notamment que le président est investi du pouvoir législatif et légifère par décrets, à la place du Parlement qui reste gelé. M. Saied a décidé aussi de priver les députés de leurs avantages (frais de transport, frais de nourriture, entre autres), de suspendre leurs salaires. Et leur immunité judiciaire est levée depuis fin juillet. Dimanche, des manifestations rivales sont prévues à Tunis, l'une en soutien au président Saied, sur l'avenue Habib Bourguiba, et la deuxième contre son coup de force, devant le Parlement au Bardo.