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A Nairobi, les dirigeants africains en quête d'une voix commune pour une croissance verte

Les négociations du premier Sommet africain sur le climat s'achèvent mercredi, après trois jours de débats destinés à promouvoir le "potentiel unique" du continent pour une croissance verte et à bâtir un discours commun dans les négociations climatiques.

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6 septembre 2023 à 11h21 par AFP

Nairobi (AFP)

Lors de ce sommet de Nairobi, le président kényan William Ruto a appelé à saisir "l'opportunité sans équivalent" pour les pays africains de tirer profit économiquement du développement des énergies propres, tout en participant à la lutte contre le réchauffement climatique, dont ils sont une des principales victimes.

Une déclaration finale, attendue dans l'après-midi, devrait appeler la communauté internationale à aider à réaliser cet objectif par des investissements, mais aussi en allégeant le fardeau écrasant de la dette du continent. Elle devrait également rappeler aux riches pays pollueurs d'honorer leurs promesses de financement climatique.

Pour de nombreux experts, un succès dans l'élaboration d'une vision commune sur le développement vert de l'Afrique donnerait un élan à plusieurs réunions internationales à venir. 

Après le sommet du G20 en Inde le week-end prochain, l'Assemblée générale des Nations unies ce mois-ci, la réunion annuelle de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) à Marrakech en octobre, ces négociations culmineront avec la conférence de l'ONU sur le climat (COP28) de Dubaï fin novembre, qui devrait donner lieu à de vifs débats sur la fin des énergies fossiles.

Mais trouver un consensus au sein d'un continent où vivent 1,4 milliard d'habitants dans 54 pays politiquement et économiquement divers n'est pas aisé, certains gouvernements militant pour un avenir tourné vers les énergies renouvelables quand d'autres dépendent de leurs ressources de combustibles fossiles.

- "Miracle africain" -

William Ruto a affirmé mardi que les dirigeants du continent imaginaient un "avenir dans lequel l'Afrique entrerait enfin sur la scène en tant que puissance économique et industrielle, acteur efficace et positif sur la scène mondiale".

Avec une population jeune et de vastes ressources naturelles, l'Afrique peut participer à bâtir une alternative aux combustibles fossiles polluants.

Outre un potentiel naturel pour générer directement des énergies propres (solaire, éolien, géothermie...), le continent abrite également 40% des réserves mondiales de cobalt, de manganèse et de platine, essentiels pour les batteries et les piles à hydrogène.

Malgré seulement 3% des investissements énergétiques dans le monde y sont réalisés.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé à faire de l'Afrique "une superpuissance des énergies renouvelables"."Les énergies renouvelables pourraient être le miracle (économique) africain", a-t-il estimé.

Mardi, les Emirats arabes unis ont promis 4,5 milliards de dollars (4,1 milliards d'euros) d'investissement dans les énergies propres en Afrique.

Dans un rapport publié mercredi, l'Agence internationale de l'énergie et la Banque africaine de développement ont exhorté donateurs et institutions internationales à multiplier par dix leurs "financements concessionnels" - c'est-à-dire à des taux préférentiels - afin d'encourager les investissements privés dans le secteur énergétique.

- Appels à réformes -

Les défis restent immenses dans un continent où 500 millions de personnes n'ont pas accès à l'électricité.

Les pays africains sont notamment paralysés par le fardeau croissant de leur dette et le manque de financements. 

Plusieurs dirigeants du continent, mais aussi Antonio Guterres et l'Emirati Sultan al Jaber, ont appelé mardi à une réforme du système financier international - un système "dépassé, injuste et dysfonctionnel", selon le chef de l'ONU - pour l'adapter aux exigences de la lutte contre le réchauffement climatique. 

À l’échelle mondiale, les pays riches n’ont par ailleurs toujours pas tenu leur engagement de fournir, d'ici 2020, 100 milliards de dollars par an en financement climatique aux pays les plus pauvres.