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Burkina: Amnesty appelle à "cesser les attaques et menaces" contre la liberté de la presse

L'ONG Amnesty international a appelé vendredi les autorités du Burkina à "cesser les attaques et menaces" contre la liberté de la presse, après la suspension de France 24 et l'expulsion des correspondantes de Libération et du Monde la semaine dernière.

AFRICA RADIO

7 avril 2023 à 20h06 par AFP

"Les autorités doivent cesser les attaques et menaces contre la liberté de la presse et la liberté d'expression et protéger les journalistes", a déclaré la directrice régionale pour l'Afrique de l'ouest et du centre à Amnesty International, Samira Daoud, citée dans un communiqué transmis à l'AFP. "La lutte contre les groupes armés et l'insécurité ne sauraient être un prétexte pour restreindre les libertés de la presse et les droits des citoyens d'accéder à l'information", a-t-elle ajouté. La semaine dernière, les journalistes Sophie Douce (Le Monde) et Agnès Faivre (Libération) ont été expulsées du Burkina, après avoir été convoquées à la Sûreté d'État, l'agence chargée du renseignement intérieur. Fin mars, la chaîne France 24 avait été suspendue après la diffusion d'une chronique d'un de ses journalistes, qui s'est livré au décryptage d'un entretien que lui avait accordé le chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Seul un court extrait audio de l'entretien, destiné à l'authentifier, a été diffusé. RFI est de son côté suspendue depuis quatre mois dans le pays. Selon Amnesty international, ces expulsions et suspensions marquent "un tournant inquiétant de violation du droit à la liberté d'expression par les autorités". "Expulser des journalistes pour avoir fait leur travail d'information et sans document officiel motivant cette mesure est abusif. Nous demandons aux autorités de rétablir les journalistes dans leurs droits et de leur permettre de continuer leur travail sur le sol burkinabè", a déclaré Mme Daoud. Amnesty dénonce également des "menaces et attaques" contre plusieurs journalistes burkinabè depuis le début de l'année. Jeudi, l'ONU avait affirmé être "profondément préoccupée" par les restrictions imposées aux médias et à l'espace civique. Le gouvernement burkinabè, qui n'a jusqu'à présent pas réagi à l'expulsion des deux journalistes, avait assuré fin mars rester "fondamentalement attaché" à la liberté d'expression et d'opinion, selon son porte-parole Jean-Emmanuel Ouédraogo. Le Burkina est dirigé depuis fin septembre par le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir par un coup d'Etat, le deuxième en huit mois. Depuis 2015, le pays est pris dans une spirale de violences perpétrées par des groupes jihadistes liés à l'Etat islamique et à Al-Qaïda, qui ont fait en tout 10.000 morts - civils et militaires - selon des ONG, et quelque deux millions de déplacés internes


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