Congo: des centaines de personnes arnaquées par une société de microfinance

Par AFP

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Au moins 600 citoyens congolais affirment avoir perdu 200 millions de FCFA (plus de 304.00 euros) dans une arnaque organisée par une société de microfinance qui promettait 200% de retour sur investissement au bout de 78 jours, selon des témoignages recueillis lundi par l'AFP.

"Nous sommes, pour l'heure, 600 épargnants et revendiquons 200 millions de FCFA. Mais il y en a bien d'autres qui vont s'ajouter", a déclaré à l'AFP Fabrique Itoua, responsable du collectif des épargnants arnaqués. Le Crédit mutuel d'Afrique (Cremaf) a ouvert, entre mai et août 2021, cinq agences à Brazzaville et Pointe-Noire, la capitale économique (sud), brandissant auprès des clients un agrément délivré par la Commission bancaire d'Afrique centrale (Cobac). "J'ai bien eu des garanties parce qu'en dehors de cet agrément, l'établissement était protégé par des agents de sécurité. Le gestionnaire nous a assurés qu'il avait un fonds de 800 millions de FCFA (plus de 1,2 million d'euros) pour assurer les remboursements", a déclaré Virginie Obondo, 54 ans, une épargnante. Elle affirme avoir déposé plus de 2,6 millions de FCFA (près de 4.000 euros). "Au +finish+, il n'y a rien. Depuis septembre l'établissement n'arrive pas à nous rembourser et je pleure mon argent aujourd'hui", se désole Mme Obondo. Grâce à son produit dénommé "Power" le Cremaf garantissait aux épargnants un retour sur investissement de 200% après 78 jours. "Le Cremaf a juste emprunté le nom d'un établissement accrédité par l'État en 2013, mais qui a fait faillite depuis lors. Il évoluait dans l'illégalité la plus totale", a indiqué à l'AFP une source au sein de la direction des institutions financières nationales, sous le couvert de l'anonymat. "Nous avons perdu notre argent", a déploré Fabrice Itoua, commerçant, qui avait placé 4 millions de FCFA (plus de 6.000 euros). Le gestionnaire du Cremaf a été arrêté en septembre pour "escroquerie" et placé en détention à la Centrale d'intelligence et de la documentation (CID), la police des renseignements.