Congo: un an après le décès de l'opposant Kolelas, son parti divisé

AFRICA RADIO

22 mars 2022 à 14h21 par AFP

Militants, sympathisants et famille organisent cette semaine à Brazzaville des manifestations commémoratives pour le 1er anniversaire du décès de l'opposant Guy-Brice Parfait Kolelas, malgré des dissensions qui minent son parti, l'Union des démocrates humanistes (UDH-Yuki), incapable de se choisir de nouveaux dirigeants.

Guy-Brice Parfait Kolelas, 60 ans, est décédé officiellement le 22 mars 2021 sur le territoire français, où il avait été évacué, frappé par le Covid-19, quelques heures après l'élection présidentielle à laquelle il était candidat. Il avait recueilli 7,90? de suffrages, contre plus de 88? pour le président Denis Sassou Nguesso, bientôt 79 ans, qui remportait un quatrième mandat. Ce dernier cumule plus de 37 ans à la tête du pays. Des désaccords au sein de sa famille ont retardé l'inhumation de M. Kolelas, qui a eu lieu au Bourget, près de Paris, en janvier, dix mois après sa mort. Plusieurs manifestations sont organisées depuis dimanche pour marquer le premier anniversaire de sa mort: messe et recueillement à la paroisse Saint-Pierre-Claver de Bacongo, témoignages et évocations au siège de l'UDH-Yuki. Mais le parti se montre divisé sur la tenue d'un congrès devant permettre de choisir ses nouveaux dirigeants. Le premier vice-président, Pascal Ngouanou, soutenu par le directeur adjoint de la communication Diop Mahouckous, a pris la décision d'investir les candidats du parti pour les prochaines élections législatives et locales, prévues pour l'été. "Il est raisonnable d'aller au congrès après les élections, pour mieux nous organiser", considère M. Mahouckous. Mais pour le deuxième vice-président, Gilles Fernand Bassindikila, c'est une forfaiture, parce que l'investiture des candidats et du ressort du congrès et non d'un individu. "Le mandat du président Kolelas lui-même et celui de toutes les autres instances dirigeantes du parti sont arrivés à terme depuis le 18 mars. Il nous faut vite aller au congrès pour éviter un vide", estime M. Bassindikila.