Est de RDC: détérioration de la situation sécuritaire dans plusieurs zones, selon l'ONU

AFRICA RADIO

24 mars 2022 à 14h51 par AFP

La situation sécuritaire s'est détériorée dans plusieurs zones de l'est de la République démocratique du Congo, malgré des opérations militaires en cours contre les groupes armés, a-t-on appris jeudi de la Mission de l'ONU dans le pays.

"La situation sécuritaire ne s'améliore pas. Il ne faut pas se cacher, elle a même tendance à se détériorer selon les zones", a déclaré le général Benoit Chavanat, Commandant adjoint de la Force de la mission de l'ONU en RDC (Monusco), selon un compte-rendu des activités onusiennes aux médias. En Ituri, "nous avons les Codeco (Coopérative pour le développement du Congo) au nord qui ont un peu évolué dans leurs objectifs et qui s'en prennent, vous le savez, depuis quelques semaines aux camps de déplacés", a-t-il indiqué. L'officier a par ailleurs cité les Forces démocratiques alliées (ADF) "qui continuent à commettre ici ou là des atrocités" dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri placées sous état de siège depuis le mois de mai. Toujours dans l'est troublé de la RDC, "vous avez le M23 (Mouvement du 23 mars) dont on sent quelques signes de regain d'activités notamment contre les Fardc (armée congolaise) directement mais indirectement sur les civils". Plus au sud, "les Maï-Maï (milices d'autodéfense à caractère communautaire) qui s'en prennent à des communautés sur les Hauts-plateaux" de Minembwe dans la province du Sud-Kivu, note encore ce compte-rendu. Depuis 25 ans, l'Est de la RDC est en proie à des violences, en raison de la présence des dizaines de groupes armés qui commettent des exactions sur des civils. En Ituri, le groupe Codeco a massacré samedi 14 déplacés, dont sept enfants, alors que dans le Nord-Kivu, les ADF ont tué le même jour quatre voyageurs après avoir tendu une embuscade. Fin novembre, des armées congolaise et ougandaise ont lancé des opérations contre les rebelles du groupe d'origine ougandaise ADF. Les mesures prises par les autorités de placer sous état de siège le Nord-Kivu et l'Ituri où ces opérations militaires conjointes sont en cours n'ont, jusqu'à présent, pas réussi à stopper les massacres.