Kenya: 16 motos-taxis maintenus en détention après l'agression d'une femme

AFRICA RADIO

10 mars 2022 à 13h51 par AFP

Un tribunal kényan a ordonné jeudi le maintien en détention pour deux semaines de 16 chauffeurs de motos-taxis arrêtés cette semaine après l'agression d'une automobiliste, qui a suscité l'indignation dans le pays.

La jeune femme a été violemment agressée vendredi, en plein jour, dans la capitale Nairobi par un groupe de motos-taxis après un accident de la circulation, a indiqué la police. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, où on la voit hurlant au volant de sa voiture ouverte se faisant agresser et partiellement dévêtir, a provoqué un scandale au Kenya. Le président Uhuru Kenyatta a demandé la plus grande sévérité et ordonné un recensement général des motos-taxis, connus sous le nom de boda-boda. Jeudi, un tribunal d'instance de Nairobi a ordonné que 16 suspects arrêtés lundi soient maintenus en détention durant deux semaines, le temps que la police conclue ses investigations sur cette affaire qualifiée "d'intérêt public". La police recherche toujours l'homme considéré comme le cerveau de l'agression, qui a échappé à son arrestation mardi en fuyant par un conduit d'égout, a indiqué la Direction des enquêtes criminelles dans un communiqué. "Ce n'est qu'une question de temps avant que nous l'arrêtions", affirme-t-elle. Depuis mardi, les autorités des transports mènent des opérations de contrôle sur tous les chauffeurs de deux-roues, qui ont notamment disparu des rues de la capitale, privant les habitants d'un moyen de transport populaire dans ce pays d'Afrique de l'Est qui ne dispose pas d'un réseau de transport public développé. Les chauffeurs de boda-boda, généralement des jeunes hommes, ont la réputation d'enfreindre le code de la route et de s'en prendre aux automobilistes en cas d'accident. Ils ont également régulièrement été accusés de vols à l'arraché et de harcèlement envers d'autres usagers de la route, ainsi que d'agressions allant jusqu'au viol. Les boda-boda ont été classés en 2019 comme "menace pour la sécurité nationale" par une unité de recherche du ministère de l'Intérieur.