Le président algérien a reçu les groupes maliens signataires de l'accord de paix de 2015

Le président algérien a reçu dimanche une délégation de groupes armés maliens signataires d'un accord de paix en 2015 en pleine période de crispations entre les parties, pour sortir de "l'impasse" et du "statu quo", selon un communiqué de l'un de ces groupes et l'agence officielle algérienne.

AFRICA RADIO

26 février 2023 à 21h06 par AFP

L'accord dit d'Alger signé en 2015 par l'Etat malien et des groupes loyalistes avec une alliance à dominante touarègue de groupes indépendantistes et autonomistes a mis fin aux hostilités enclenchées avec les insurrections indépendantiste et salafiste de 2012 dans le nord. Les jihadistes continuent, eux, de combattre et la crise sécuritaire s'est propagée au centre du Mali ainsi qu'au Burkina Faso et au Niger voisin. Cet accord de paix, qui prévoit notamment des mesures de décentralisation et l'intégration d'ex-rebelles dans l'armée nationale, n'est que très peu mis en oeuvre. L'alliance des groupes indépendantistes et autonomistes, la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), a annoncé en décembre suspendre sa participation à l'application de l'accord. Une médiation internationale, avec l'Algérie dans un rôle prééminent, s'emploie depuis des semaines à rapprocher les parties. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a reçu dimanche à Alger les chefs et les représentants des groupes signataires de l'accord de paix, en visite dans le pays depuis plusieurs jours. Se félicitant du rôle que joue l'Algérie dans "la résolution des problèmes au Mali", un porte-parole des mouvements maliens a indiqué que la rencontre avait permis de souligner l'engagement ferme de l'Algérie en faveur d'une "nouvelle dynamique de paix dans la région", selon des propos rapportés par l'agence officielle algérienne APS. La CMA dans un communiqué a dit avoir évoqué ses attentes et ses priorités, et élaboré "des pistes de solutions pouvant aider à sortir de l'impasse et du statu quo actuel". Le président Tebboune a réaffirmé l'engagement fort de l'Algérie auprès des Maliens "de tous bords" afin d'aboutir "à une entente sur la diligence d'un élan commun avec des garanties plus strictes", poursuit le communiqué. La junte malienne au pouvoir avait dit sa volonté d'appliquer l'accord de paix après avoir reçu des ambassadeurs de la médiation mi-février. Cet accord de paix, de plus en plus jugé caduc publiquement par certains Maliens, passe pourtant pour être une composante essentielle d'un retour à la stabilité politique et militaire dans cet immense pays déstabilisé par un conflit depuis plus de 10 ans. kt-sd-abh-amt/sba