Mali: des jeunes interrompent brutalement la conférence de lancement d'un nouveau mouvement

Un groupe de jeunes a brutalement interrompu lundi à Bamako la conférence de personnalités publiques qui annonçaient le lancement d'un nouveau mouvement critique à l'encontre des colonels au pouvoir au Mali, ont rapporté les réseaux sociaux et des témoins.

AFRICA RADIO

20 février 2023 à 20h51 par AFP

Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent le groupe de quelques dizaines de jeunes entrer dans la Maison de la presse et couvrir les prises de parole par un vacarme assourdissant de slogans et de cornes. Peu après, des chaises volent de part et d'autre dans une grande bousculade et les vitres de la Maison de la presse sont brisées au moment de la sortie du groupe. Les jeunes brandissent une banderole proclamant "le peuple malien ne suit plus un manipulateur" et visant apparemment l'un des initiateurs de la conférence, Issa Kaou N'Djim. Les instigateurs de cette intrusion n'ont pas été identifiés. Plusieurs personnalités, dont M. N'Djim, lançaient une tentative de rassemblement de partis et d'organisations de la société civile aux contours encore flous. Cette initiative intervient dans un contexte où les militaires qui ont pris le pouvoir par la force en août 2020 en tiennent tous les leviers et où toute contestation organisée est quasiment réduite au silence ou à l'impuissance. Parmi les mots d'ordre de cette initiative figurent le respect du calendrier électoral prévu en vue d'un retour des civils au pouvoir et l'abandon du projet de nouvelle Constitution. Cette demande d'abandon va directement à l'encontre des plans de la junte, qui a fait d'une nouvelle Constitution un élément essentiel de son programme et un argument pour continuer à diriger le pays jusqu'à des élections programmées en 2024. Un référendum est prévu en mars sur cette nouvelle Constitution, mais le doute va grandissant quant au respect du calendrier. M. N'Djim avait été en 2020 un des animateurs de la mobilisation contre le président Ibrahim Boubacar Keïta, réélu deux ans auparavant et finalement renversé par les militaires. D'abord supporteur du colonel Assimi Goïta, le chef de la junte, il a pris ses distances avec les militaires. bur-kt-sd-lal/sst