Mali: trois camps de l'armée attaqués, dégâts matériels, pas de bilan humain communiqué

Des attaques menées simultanément ont visé dimanche matin trois camps de l'armée dans le centre du Mali avec d'importants dégâts matériels, a-t-on appris auprès de sources militaires qui n'ont pas fourni de bilan humain.

AFRICA RADIO

24 avril 2022 à 14h36 par AFP

L'armée malienne a rapporté dimanche matin sur son compte Twitter qu'"une attaque simultanée est en cours à Sévaré, Niono et Bapho", sans préciser de bilan. "La situation est déjà sous contrôle dans les différents endroits", a-t-elle ajouté. Plusieurs sources militaires ont confirmé sous couvert d'anonymat à l'AFP des attaques ayant ciblé trois camps dans ces localités situées dans le centre du Mali, sans avancer de pertes humaines à ce stade. A Sévaré, "il y a eu une double attaque terroriste, avec explosion d'engins et des tirs", a indiqué une de ces sources. Niono a été visée par "une attaque à la voiture piégée", a indiqué une source militaire dans cette localité. Deux sources militaire et sécuritaire à Sévaré ont indiqué à l'AFP que l'armée a riposté à ces attaques, sans donner plus d'informations. "Nous avons demandé à la Minusma (la Mission de l'Onu au Mali), dans le cadre de notre collaboration, l'envoi d'une force d'intervention rapide à proximité du camp de Sévaré pour aider à sécuriser", a ajouté l'une de ces sources, confirmée par une source militaire au sein de la Minusma. Ces assauts ont provoqué d'importants dégâts matériels, selon les mêmes sources militaires. Des bâtiments et des véhicules dans le camp de Sévaré ont été détruits et calcinés, selon des images transmises dimanche à l'AFP par une source proche de l'armée. Des débris jonchaient le sol où étaient visibles des traces de feu, et les vitres d'une église du voisinage ont été soufflées. A Bapho, un hélicoptère a été endommagé, selon les mêmes images. Plongé depuis 2012 dans une crise sécuritaire profonde que le déploiement de forces étrangères n'a pas permis de régler, le Mali a connu deux coups d'Etat militaire depuis août 2020. Parties du nord du pays, les violences jihadistes se sont étendues vers le centre et le sud avant que le conflit ne se complique avec l'apparition de milices communautaires et de bandes criminelles. Le conflit a fait des milliers de morts civils et combattants et le centre du Mali est actuellement un des principaux foyers de la crise sahélienne. Les militaires au pouvoir depuis 2020 se sont rapprochés de Moscou en même temps qu'ils se détournaient de la France, engagée militairement dans le pays contre les jihadistes depuis 2013. Le Mali a ainsi fait appel massivement à ce qu'il présente comme des "instructeurs" venus de Russie alors que les Occidentaux (Paris et Washington notamment) dénoncent la présence dans le pays de "mercenaires" du groupe privé russe Wagner, ce que démentent fermement les colonels maliens. Sur fond de crise diplomatique avec la junte, Paris a annoncé en février le retrait de ses soldats déployés au Mali, opération devant être achevée cet été.