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Massacre présumé à Moura au Mali: l'ONU continue d'essayer d'envoyer des enquêteurs sur place

L'ONU continue d'essayer d'envoyer des enquêteurs dans la localité de Moura, dans le centre du Mali, où l'armée malienne, épaulée par de présumés mercenaires de la société russe Wagner, est accusée d'avoir tué plusieurs centaines de personnes entre le 23 et le 31 mars, a indiqué mercredi le porte-parole de l'organisation.

AFRICA RADIO

6 avril 2022 à 20h06 par AFP

"Nous avons lancé une enquête liée aux droits de l'Homme pour examiner les allégations selon lesquelles des civils ont été tués dans une zone où les forces armées maliennes mènent des opérations", a déclaré Stéphane Dujarric en réponse à des questions sur Moura lors de son point presse quotidien. "Je ne sais pas s'ils (les Casques bleus de la mission Minusma menant l'enquête) sont sur le terrain, mais nous nous efforçons d'y arriver le plus rapidement possible", a-t-il ajouté, semblant ainsi laisser entendre que l'ONU n'a toujours pas pu se rendre à Moura depuis près d'une semaine. A la question de savoir si des Casques bleus se trouvaient à quelques dizaines de kilomètres de cette localité lorsque les événements suspects se sont produits, le porte-parole a indiqué ne pas pouvoir répondre. "Je n'ai aucune information sur les détails opérationnels, à savoir à quel point les troupes de l'ONU étaient proches" ou non de Moura, a-t-il dit. Interrogé pour savoir si les évènements survenus dans cette localité pouvaient être qualifiés de crimes de guerre, Stéphane Dujarric a juste affirmé: "C'est évidemment un crime de tuer des civils". "Ce que nous essayons de faire, c'est d'établir une enquête liée aux droits de l'Homme qui nous aidera à qualifier et à quantifier (...) les événements tragiques qui se sont produits il y a quelques jours" à Moura, a indiqué le porte-parole. L'armée malienne a dit avoir mené du 23 au 31 mars une opération de "grande envergure" dans cette localité de plusieurs milliers d'habitants. En-dehors de 203 "terroristes" tués, 51 autres ont été capturés, a-t-elle affirmé. L'ONG Human Rights Watch (HRW) a fait état pour sa part dans un rapport de l'exécution sommaire de 300 civils par des soldats maliens associés à des combattants étrangers. Ces derniers sont présumés relever de la société Wagner déployée depuis quelques mois au Mali. Bamako dément la présence de ces mercenaires, ne reconnaissant la présence au Mali que d'"instructeurs" déployés dans le cadre d'un accord de coopération bilatérale avec la Russie.