87 délégations étrangères dont le controversé Mugabe

1er mai 2011 à 11h38 par La rédaction

CITE DU VATICAN (AFP)

Vingt-deux chefs d'Etat et de gouvernement ont assisté dimanche à la béatification du pape Jean Paul II, parmi lesquels le président controversé du Zimbabwe Robert Mugabe et des dirigeants européens parfois critiqués pour leur présence place Saint-Pierre.

Catholique pratiquant déjà venu en 2005 aux funérailles du pape polonais Karol Wojtyla mais persona non grata dans l'Union européenne, M. Mugabe, 87 ans, était arrivé dès samedi à Rome accompagné de son épouse Grace et de membres de son gouvernement.

Il est interdit de voyage ainsi que ses proches et leurs avoirs sont gelés depuis 2002 par l'Union européenne et les Etats-Unis, en raison de violations répétées des droits de l'homme et des libertés fondamentales commises par son régime.

Cependant, le Vatican ne faisant pas partie de l'UE, M. Mugabe peut grâce à des dérogations transiter sur le territoire italien.

D'autres présidents africains ont fait le déplacement, ceux du Cameroun, du Togo et du Congo.

Au total, les 87 délégations officielles comptaient 16 chefs d'Etat dont le président italien Giorgio Napolitano, ex-dirigeant du Parti communiste italien, et Bronislaw Komorowski, président de la Pologne, pays natal de Jean Paul II, que le pape Benoît XVI a distingué dans ses remerciements, et six Premiers ministres.

L'Allemagne, pays de l'actuel pape Joseph Ratzinger, était représentée par son ministère de l'Intérieur, a indiqué le Vatican, démentant la présence de la chancelière Angela Merkel annoncée un peu plus tôt par une agence italienne.

L'Union européenne a envoyé une importante délégation avec le président de la Commission José Manuel Barroso, le président du Parlement européen (polonais) Jerzy Buzek et celui du Conseil européen Herman Van Rompuy.Face aux critiques, Bruxelles a indiqué qu'il s'agissait d'un hommage "au rôle historique" de Karol Wojtyla dans l'histoire européenne.

Paris a envoyé son Premier ministre François Fillon, accompagné des ministres des Affaires étrangères et de l'Intérieur, une présence jugée "choquante" par l'opposition socialiste qui a rappelé que la France était "une république laique".

Pour l'Italie, le chef du gouvernement Silvio Berlusconi, aux prises avec un scandale sexuel, était également présent ainsi que de nombreux ministres.

La Hongrie a dépêché son chef de gouvernement Viktor Orban, vivement critiqué dans son pays et à l'étranger pour avoir fait adopter dans son pays une nouvelle Constitution comprenant des références à Dieu, au christianisme et à la famille traditionnelle.

Israël, pays avec lequel Jean Paul II avait été le premier pape à rétablir le dialogue, était représenté avec un ministre sans portefeuille Yossi Peled.

Pour la très fervente Amérique latine, les présidents du Mexique et du Honduras ont fait le voyage alors que le Brésil a envoyé un vice-président et l'Argentine le président du Sénat.

Les Balkans étaient aussi fortement représentés: quatre chefs d'Etat (Albanie, Bosnie, Macédoine, Montenegro) et un chef de gouvernement (Croatie).

Les Etats-Unis de Barack Obama de confession protestante ont fait profil bas par rapport aux funérailles de Jean Paul II auxquelles avaient assisté le président de l'époque George W. Bush, son père George Bush, et son prédécesseur Bill Clinton.Ils étaient représentés par l'ambassadeur auprès du Saint-Siège Miguel Diaz.Même niveau de représentation pour la Russie, alors que le pape polonais entretenait des relations tendues avec l'église orthodoxe russe.

Du côté des têtes couronnées, cinq familles royales étaient représentées: Belgique, Espagne, Grande-Bretagne, Liechtenstein et Luxembourg.

A part le Liban, représenté par l'épouse du président Michel Sleimane, et l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), représentée par Hanna Amirah, membre du Comité exécutif, les pays arabes, pas plus que l'Iran n'ont envoyé de représentants.