Afrique du Sud: le gouvernement ne tolèrera aucune violence xénophobe

12 juillet 2010 à 12h00 par La rédaction

LE CAP (AFP)

Le gouvernement sud-africain a appelé lundi la police, l'armée et la justice à agir "avec fermeté" contre les auteurs de "violences et d'intimidations contre des étrangers", après une série d'incidents impliquant des immigrés dans le sud-ouest du pays.

La ministre de la Défense Lindiwe Sisulu et le ministre de la Police Nathi Mthethwa se sont rendus au Cap lundi matin pour "recueillir les témoignages des agents de police" sur ces violences, selon un communiqué du gouvernement.

"Les criminels doivent savoir que l'on va réagir fermement, qu'on ne les laissera pas propager la peur et le crime, que l'on travaillera dur pour les retrouver et les juger", a déclaré Mme Sisulu, citée dans le document.

Des dizaines d'immigrés se sont réfugiés ce week-end dans des commissariats de la province du Western-Cape après une série de pillages contre des boutiques tenues par des étrangers.

La police, qui a procédé à sept interpellations, a assuré que le calme était revenu.Un important dispositif sécuritaire restait déployée dans les zones concernées lundi midi.

Plusieurs personnalités, dont le prix Nobel de la paix Desmond Tutu, ont craint un retour des violences xénophobes, une fois retombée l'euphorie de la Coupe du monde de football 2010 qui s'est achevée dimanche.

De telles attaques avaient fait 62 morts et des dizaines de milliers de déplacés en 2008.Les Sud-Africains pauvres s'en étaient pris à leurs voisins étrangers, essentiellement Zimbabwéens, Mozambicains, Nigérians et Somaliens, les accusant de voler les emplois et de contribuer à la criminalité.

A l'époque, le gouvernement du président Thabo Mbeki (1999-2008), le prédécesseur de Jacob Zuma, avait tardé à réagir avant de finalement envoyer l'armée sur les lieux.