Côte d'Ivoire: la commission électorale "taillée sur mesure", accuse l'opposition pro-Gbagbo

26 septembre 2019 à 15h58 par AFP

AFRICA RADIO

Une coalition de l'opposition ivoirienne a "dénoncé" jeudi la nomination des 15 membres de la nouvelle commission électorale indépendante (CEI) qui devra organiser la présidentielle de 2020 en Côte d'Ivoire, accusant le pouvoir de se "tailler" une CEI "sur mesure.

Aucun membre du principal parti d'opposition, le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), qui refuse la nouvelle CEI, ne figure dans le quota de l'opposition au sein de la CEI."Ensemble pour la démocratie et la souveraineté" (EDS) "dénonce et condamne la démarche cavalière du gouvernement et son obstination à vouloir se tailler une commission électorale sur mesure en vue des élections de 2020", souligne un communiqué, évoquant les "risques que fait peser sur la Côte d'Ivoire le refus de tout dialogue politique et la propension au passage en force du pouvoir".EDS est une coalition qui regroupe des partis politiques, des associations de la société civile et le Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l'ex-président Laurent Gbagbo. La nouvelle CEI, adoptée fin juillet, comprend 15 membres, contre 17 auparavant: un représentant du président de la République, un du ministre de l'Intérieur, six de la société civile, six des partis politiques - équitablement répartis entre le pouvoir et l'opposition - et un représentant du Conseil supérieur de la magistrature. Pour EDS, "le pouvoir RHDP (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix) s'arroge 11" des 15 membres.EDS estime que les membres nommés par la présidence de la République (1), ministère de l'intérieur (1), Conseil supérieur de la magistrature (1) et logiquement la majorité présidentielle RHDP (3) sont acquis à la cause du pouvoir mais accuse aussi quatre représentants de la société civile et une des trois représentantes de l'opposition (l'ancienne ministre Henriette Lagou) d'être favorables au camp présidentiel/ La Cour africaine des droits de l'Homme avait rendu en 2016 un arrêt jugeant l'ancienne CEI déséquilibrée et demandant au gouvernement de changer sa composition.La crédibilité de la CEI est cruciale en vue de la présidentielle de 2020 qui s'annonce tendue, dix ans après la crise post-électorale ivoirienne, qui s'était soldée par plus de 3.000 morts après le refus du président Gbagbo d'admettre sa défaite face à l'actuel chef d'Etat, Alassane Ouattara.