Explosions en Guinée équatoriale: le bilan s'alourdit à au moins 105 morts

Par AFP

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Les cadavres d'au moins sept personnes ont été retirés des décombres mardi à Bata, en Guinée équatoriale, portant le bilan encore provisoire à 105 morts et 615 blessés deux jours après quatre explosions ayant ravagé un camp militaire et d'innombrables habitations, selon la télévision d'Etat.

L'inamovible président Teodoro Obiang Nguema, qui dirige ce petit Etat d'Afrique centrale d'une main de fer depuis 42 ans en s'appuyant notamment sur une armée toute puissante, a accusé à nouveau les responsables militaires de "négligence" voire de "malveillance" pour avoir stocké les explosifs à l'origine des déflagrations meurtrières si près de quartiers d'habitations dimanche après-midi à Bata, la capitale économique.Lundi soir, le gouvernement avait évoqué au moins 98 morts et 615 blessés. Sept cadavres ont été extirpés des ruines mardi, a annoncé la Tvge, la chaîne de télévision de l'Etat. La veille, les secouristes avaient retrouvé vivants "plus de 60 personnes bloquées sous les décombres", selon le gouvernement, dont deux enfants âgés de 3 et 4 ans.Dès dimanche soir, le président Obiang avait annoncé une enquête pour déterminer les responsabilités, révélant que le sinistre avait pour origine un feu d'écobuage mal maîtrisé d'un fermier à proximité des stocks d'explosifs et de munitions du camp de Nkoa Ntoma.Puis il avait accusé, déjà, les militaires du camp de "négligences" après la propagation du feu qui a fait exploser les stocks de dynamites et autres explosifs puis de munitions.Dans une interview à la Tvge diffusée mardi, le chef de l'Etat a précisé ces accusations.Les responsables du camp "ont vraiment commis une imprudence, ou c'est de la malveillance pour des gens censés connaître les effets des explosions de la dynamite, qui normalement ne se transporte pas et se stocke très loin de toute population et sous la terre, et non pas, comme cela était le cas, dans un lieu non fermé et près de la population", a-t-il dit.Les très puissantes déflagrations, espacées de longues minutes en plein après-midi, ont littéralement ravagé les édifices du camp abritant des militaires des forces spéciales et des gendarmes, ainsi que leurs familles, et éventré ou aplati d'innombrables maisons des quartiers environnants.