Guinée: le bilan des heurts communautaires dépasse les 20 morts (élu local)

29 décembre 2020 à 19h50 par AFP

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Les violences intercommunautaires du weekend dernier à Macenta, dans le sud de la Guinée, ont fait "plus de 20 mors", a affirmé mardi un élu local, le gouverneur de la région ayant reconnu que le bilan de 11 morts avancé jusqu'ici avait "évolué" à la hausse.

Vingt-sept "présumés auteurs" ont été interpellés "suite aux évènements tragiques ayant entraîné des cas de mort et de destructions diverses" à Macenta, a indiqué mardi soir le ministère de la Justice, sans préciser le nombre de victimes.Ville de Guinée forestière, Macenta a été le théâtre samedi de violences entre membres des communautés Tomas, généralement animistes, et Tomas Mania, généralement musulmans, qui se sont poursuivies dimanche malgré l'arrivée de renforts venus des villes voisines de Gueckédou et N'Zérékoré."Il y a officiellement 11 morts, mais moi je vous dis qu'il y a plus de 20 morts", a dit à l'AFP un élu de Macenta, joint mardi par téléphone.Selon cet élu ayant requis l'anonymat, "17 corps qui ont pu être identifiés ont été acheminés à la morgue de l'hôpital de N'Zérékoré", à 115 km plus au sud. Mais il faut également compter ceux qui ont été "soit inhumés sur place, soit jetés en brousse, soit encore dans des puits", a-t-il affirmé.Le gouverneur de Guinée forestière, Mohamed Gharé, qui avait évoqué dimanche "11 corps recensés à la morgue" de Macenta, a affirmé mardi que ce bilan avait "évolué" à la hausse, sans plus de détails."Nous ne pouvons pas pour le moment communiquer de chiffres, nous attendons les rapports des officiers de police judiciaire. Ces évènements sont tristes, graves certes, mais nous attendons que les choses soient claires avant de nous prononcer", a dit dans la soirée à l'AFP le chargé de communication ministère de la Justice, Sékou Keita.Le directeur de l'hôpital de Macenta, le docteur Kaba Condé, qui avait annoncé un bilan d'au moins six morts, a confirmé mardi que des corps avaient bien été acheminés à N'Zérékoré, faute de place dans sa chambre froide, sans en préciser le nombre.Un habitant de Macenta, Siba Onivogui, a dit à l'AFP avoir "perdu deux frères", dont un reste introuvable. "On nous a dit qu'il a été découpé et jeté dans une fosse septique, mais nous espérons toujours qu'il fait partie de ceux qui se sont réfugiés dans les villages environnants", a-t-il expliqué.Les communautés Toma et Toma Mania, qui cohabitent depuis plusieurs siècles, "se disputent très souvent la paternité de la ville (de Macenta) et chacune clame haut et fort qu'elle est la première à s'y (être) installée", selon un responsable administratif.Les violences sont nées d'un projet d'inauguration d'une nouvelle résidence du patriarche des Tomas et son intronisation prochaine à Macenta, auxquels s'opposent les Tomas Mania, ont indiqué à l'AFP des sources locales.