Le Soudan se dote d'une nouvelle coalition gouvernementale

Par La rédaction

KHARTOUM (AFP) - (AFP)

Le parti au pouvoir au Soudan a approuvé une nouvelle coalition gouvernementale avec la participation notable de la formation historique de l'opposition, le Parti démocratique unioniste (PDU), tout en gardant les principaux portefeuilles.

Le principal conseiller présidentiel Nafie Ali Nafie a déclaré mercredi soir aux journalistes que les ministres de la Défense, de l'Intérieur, des Affaires étrangères et des Finances, tous fidèles au parti du Congrès national (NCP) du président Omar el-Béchir, resteraient à leurs postes.

Selon M. Nafie, outre le parti au pouvoir, 14 autres formations participent au gouvernement, le PDU ayant obtenu six portefeuilles.

Le PDU et l'autre principal parti de l'opposition nordiste Oumma étaient depuis des mois en pourparlers avec le NCP en vue de participer à un gouvernement élargi après la sécession du Sud en juillet.

L'Oumma en fait également partie, de même que le Mouvement de la libération et la Justice, une coalition de petits groupes rebelles du Darfour qui avaient signé un accord de paix avec Khartoum, et le Congrès Beja, les ex-rebelles de la région Est longtemps marginalisée.

Dans la nouvelle formation, figure toujours par ailleurs le ministre de la Défense Abdelrahim Mohamed Hussein, contre lequel le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a lancé un mandat d'arrêt pour des crimes contre la population civile du Darfour, une région de l'ouest soudanais.

Awad Ahmad al-Jaz, un membre du NCP, retourne au poste de ministre du Pétrole alors que Abdallah Ali Massar a remplacé à l'Information le ministre controversé Kamal Obeid.

Fin novembre, deux fils des chefs historiques du PDU et de l'Oumma, dirigés respectivement par Mohammed Osmane al-Mirghani et l'ancien Premier ministre Sadek al-Mahdi, ont été nommés assistants du président Béchir.

Le pouvoir de Khartoum tente de sauvegarder sa légitimité et se donner un nouvel élan face à la sécession du Sud qui lui a fait perdre environ 36% de ses revenus pétroliers, à une rébellion armée dans plusieurs régions et aux difficultés économiques grandissantes.