Mali: combats entre rébellion et armée, les premiers depuis

29 avril 2015 à 18h58 par La rédaction

Bamako (AFP)

Des combats ont opposé mercredi rebelles et armée malienne, pour la première fois depuis l'année dernière, à Léré, près de la frontière mauritanienne, quelques heures après une attaque qui a coûté la vié à deux militaires et un enfant.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé à "une cessation immédiate des hostilités", se disant "profondément préoccupé par les graves violations du cessez-le-feu qui ont eu lieu au Mali ces derniers jours, à un moment critique dans le processus de paix".

La veille, le chef de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) Mongi Hamdi avait déclaré le processus de paix en danger" après la reprise des hostilités entre les groupes proBamako et la rébellion, qui a fini par annoncer son intention de parapher l'accord d'Alger, près de deux mois après le camp gouvernemental.

"Les groupes de rebelles touareg armés nous attaquent depuis 16H00 (locales et GMT).Nous ripostons, et défendons nos positions", a déclaré à l'AFP un colonel de l'armée malienne joint à Léré, précisant qu'ils appartenaient à la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA, rébellion à dominante touareg).

Les assaillants sont arrivés à bord de véhicules par l'ouest de la ville, du côté de la frontière, a-t-il indiqué.

Un élu de la localité interrogé par l'AFP au téléphone a confirmé les affrontements.

"Nous sommes sous les balles.Tout le monde est caché à la maison.Les rebelles tirent, l'armée malienne aussi", a-t-il affirmé dans l'après-midi.

La CMA avait prévenu mardi soir qu'il ne lui restait "d'autre choix que celui d'user de son droit à l'exercice de la légitime défense pour protéger les populations civiles, ses hommes et ses positions" après la prise lundi par des groupes proBamako de ses positions à Ménaka (nord-est), près de la frontière nigérienne.

 

- 'Mois de négociations intenses' -

 

Dans la matinée, deux membres de la garde nationale malienne, une composante de l'armée, ainsi qu'un enfant, ont été tués plus au nord-est, à Goundam (80 km de Tombouctou) par des assaillants non identifiés."Des hommes armés sont venus vers 05H00 (locales et GMT) par surprise, tirer violemment dans le camp de la garde de Goundam.Deux militaires et un enfant ont été tués", a déclaré une source militaire malienne jointe dans le nord.

L'attaque, qui n'a pas été revendiquée, a été confirmée par une source sécuritaire au sein de la Minusma."Les assaillants seraient venus de l'est.Il étaient en voiture.Ils ont également enlevé un véhicule dans le camp des gardes", selon cette source.

Accusé par les rebelles qui incriminent "des éléments de l'armée malienne et de ses milices" à Ménaka, le gouvernement malien a assuré lundi avoir appris "avec une grande surprise et une forte préoccupation" les affrontements dans cette ville.

M. Hamdi a réitéré mardi son "appel au calme afin de laisser toutes leurs chances au dialogue et à la paix", après l'attaque de Ménaka et des tirs mardi matin à l'extérieur de Tombouctou contre des véhicules de la force de l'ONU par la rébellion, qui a reconnu une "méprise", selon la Minusma.

Auparavant, il avait adjuré les protagonistes de ne pas dilapider les fruits de "mois de négociations intenses impliquant toutes les parties".Il a précisé avoir rencontré dimanche à Nouakchott les représentants de la rébellion qui "ont confirmé leur intention de parapher l'accord" d'Alger, avalisé le 1er mars par Bamako et ses alliés.

Le nord du Mali est tombé au printemps 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda après la déroute de l'armée face à la rébellion, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée.

Les jihadistes ont été dispersés et partiellement chassés de cette zone par une opération militaire internationale lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, et toujours en cours.Mais des zones entières échappent encore au contrôle de Bamako.