Mort de Solomon Mujuru, dirigeant historique du Zimbabwe

16 août 2011 à 17h43 par La rédaction

HARARE (AFP) - (AFP)

Un des dirigeants historiques du Zimbabwe, Solomon Mujuru, premier chef des armées de l'indépendance après avoir dirigé les forces du président Robert Mugabe dans la guérilla, est mort mardi dans un incendie.

Les causes de l'incendie qui a entraîné la mort de l'ancien général, âgé de 62 ans, dont l'épouse, Joyce Mujuru, est vice-présidente du pays, n'avaient pas été déterminées mardi.

Solomon Mujuru avait pris sa retraite militaire en 1995 mais était resté une des figures les plus respectées des milieux politiques et militaires du Zimbabwe.

Il avait dirigé les forces de Robert Mugabe dans les années 1970 contre le régime de la minorité blanche de Ian Smith en qualité de commandant en chef de l'Armée de libération nationale du Zimbabwe.

A l'indépendance en 1980, Mujuru fut nommé chef des armées, réunissant les forces des mouvements de libération et de la Rhodésie de Ian Smith.

Dans ce pays divisé, parfois violemment, entre les partisans du Premier ministre Morgan Tsvangirai et ceux du chef de l'Etat Robert Mugabe, Mujuru était respecté par l'ensemble des partis.

Les deux hommes rivaux, pour une fois, se sont retrouvés unanimes dans l'hommage: "Cette tragédie (...) a ôté à la nation un commandant historique de notre guerre de libération", a dit le chef de l'Etat."Le général Mujuru a fait partie du commandement de guerre qui a su transformer des milliers de jeunes hommes et femmes en une armée de guérilla, capable de démanteler militairement le système colonial raciste".

Pour le Premier ministre Tsvangirai: "Le général Mujuru, fondateur de notre armée nationale après l'indépendance, restera dans les mémoires pour son rôle éminent dans la lutte de libération".

"C'était un homme ouvert, et le président Mugabe avait l'habitude de lui faire confiance pour savoir quoi faire ou ne pas faire", a commenté l'analyste politique John Makumbe, de l'Université du Zimbabwe."Il disait qu'il n'était pas bon de s'opposer par la violence physique".

Après l'indépendence, il était resté à la tête des forces armées, puis s'était lancé dans la politique, se faisant élire député de la région de Chikomba entre 1995 et 2000.

Il avait également été membre du bureau politique et du comité central du ZANU-PF, le parti du président Robert Mugabe.On disait de lui qu'il avait grandement contribué à la nomination de son épouse au poste de vice-présidente en 2004.

Il avait des intérêts personnels dans des secteurs clés de l'activité économique du pays, notamment dans les mines de diamant de River Ranch.