Paix en Centrafrique: "il reste encore beaucoup à faire" pour la ministre française des Armées

Par AFP

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La ministre française des Armées Florence Parly a estimé lundi à Bangui qu'il "reste encore beaucoup à faire" pour la mise en oeuvre de l'accord de paix signé en février entre 14 groupes armés et le gouvernement centrafricain.

"Il faut passer a la vitesse supérieure, la France et l'EUTM-RCA seront aux côtés de la Centrafrique dans les prochains mois pour faciliter et accompagner le mouvement de désarmement des groupes armés", prévu par l'accord de paix signé à Khartoum, a déclaré la ministre en visite officielle lundi è Bangui.Les principaux groupes armés qui contrôlent territoires et axes routiers, dont le FRPC et l'UPC, n'ont encore démobilisé aucun de leurs combattants.La ministre faisait cette déclaration au cours de la prise de commandement par la France de l'EUTM-RCA (European union training mission), qui forme des soldats des Forces armées centrafricaines (Faca), et à laquelle assistait le président Faustin-Archange Touadéra.Le général français Eric Peltier succède au général portugais Herminio Maio pour commander cette force de 190 éléments. En trois ans, la mission européenne a formé 2.600 Faca et un millier sont actuellement en formation.La ministre a également dit que Paris oeuvre auprès des Nations unies afin d'assouplir l'embargo sur les armes mis en place après l'éclatement des violences en Centrafrique en 2013.Son homologue centrafricaine Marie-Noelle Koyara a lancé "un cri du coeur" aux pays européens qui ne participent pas à l'EUTM pour qu'ils rejoignent cette mission afin de permettre à la RCA "de sortir de la crise". La France, intervenue de 2013 à 2016 (opération Sangaris) pour faire cesser les violences, a remis en décembre dernier 1.400 fusils d'assaut aux Faca, après avoir obtenu une exemption à l'embargo de l'ONU, tout comme la Russie, qui a fait une entrée remarquée dans cet ancien "pré carré" français en livrant des armes aux Faca début 2018.L'ancienne puissance coloniale entretient aujourd'hui quelque 300 soldat en Centrafrique.Financé à hauteur de 30 millions de dollars par la Banque mondiale, le désarmement (DDR) prévoit de démobiliser 9.000 combattants à travers le pays.La Centrafrique, pays de 4,5 millions d'habitants classé parmi les plus miséreux au monde, a basculé dans la violence et le chaos en 2013, après le renversement du président François Bozizé par la rébellion de la Séléka.Dans ce pays où l'Etat ne contrôle qu'une maigre partie du territoire national, les groupes armés s'affrontent dans les provinces pour le contrôle des ressources (diamants, or, bétail...).L'accord de paix de Khartoum est le huitième conclu depuis 2013. Des violations de cet accord sont commises chaque jour par des groupes armés, déclarait fin juin au Conseil de sécurité l'émissaire de l'ONU dans ce pays, Mankeur Ndiaye.