Pour Macron, les Européens doivent avoir "une approche coordonnée" face à la Chine

13 mars 2019 à 16h51 par AFP

AFRICA RADIO

Emmanuel Macron a estimé mercredi que les Européens devaient avoir "une approche coordonnée" face à la Chine, en référence au protocole d'accord que l'Italie compte signer avec Pékin sur le méga-projet d'infrastructures des "nouvelles routes de la soie"

L'Italie a annoncé qu'elle allait signer avec la Chine dans une dizaine de jours un protocole d'accord sur les "nouvelles routes de la soie", à l'occasion de la visite du président chinois Xi Jinping, attendu le 20 mars à Rome, avant Paris le 25 mars."Il appartient à chaque État d'avoir sa politique vis-à-vis de la Chine", a dit prudemment M. Macron, lors d'une conférence de presse avec son homologue kényan Uhuru Kenyatta à Nairobi, s'interdisant de commenter les intentions italiennes "surtout sans qu'on sache exactement de quoi il retourne"."Mais je pense que nous avons besoin au niveau de l'Union européenne d'avoir une approche coordonnée de notre stratégie à l'égard de la Chine comme du multilatéralisme, et c'est ce que j'ai proposé à nos partenaires et aux institutions européennes", a-t-il dit."C'est dans cet esprit-là que je compte procéder lors de la visite de Xi Jinping à Paris dans quelques jours", a-t-il ajouté. "C'est une bonne chose que la Chine participe au développement de nombreux pays, mais je crois à l'esprit d'équilibre, de réciprocité. Les équilibres supposent le respect des souverainetés, des peuples", a ajouté le chef de l'État. Une critique voilée contre les conditions posées par Pékin pour construire des infrastructures en Afrique, en Asie et en Europe.La Chine finance de grands projets mais avec des clauses d'endettement contre capital (debt-for-equity) qui lui permettraient à terme de détenir des ports, des voies ferrées, des autoroutes..."Je crois à la souveraineté des peuples, entièrement. Entièrement", a martelé le président français. "Les équilibres supposent le respect des souverainetés et la juste modération. Je sais que c'est dans cet esprit que la Chine compte avancer." Déjà à Djibouti, Emmanuel Macron avait lancé mardi un avertissement à mots couverts contre des investissements chinois qui menaceraient la souveraineté des États."Je ne voudrais pas que des investissements internationaux viennent affaiblir la souveraineté de nos partenaires", avait-il lancé, dans ce petit État de la Corne de l'Afrique où la Chine a financé la construction de ports et une ligne ferroviaire Djibouti-Addis Abeba.