Premier tour de présidentielle indécis à Sao Tomé-et-Principe, habitué à l'alternance

18 juillet 2021 à 19h43 par AFP

AFRICA RADIO

Sao Tomé-et-Principe, petit archipel lusophone du Golfe de Guinée, a voté dimanche au premier tour pour élire un nouveau président dans un pays considéré comme l'un des modèles de démocratie parlementaire en Afrique, habitué aux alternances politiques pacifiques.


Le vote sera certainement indécis et devrait aboutir à un second tour dans deux semaines parce qu'ils étaient 19 candidats pour tenter de succéder pour cinq ans à Evaristo Carvalho, élu en 2016, qui ne se représentait pas. Les bureaux de vote ont fermé en début de soirée et le décompte des bulletins a commencé, a annoncé l'agence de presse nationale STP-Press en citant la Commission nationale électorale, laquelle assure que "le scrutin s'est déroulé normalement".Dans ce pays de quelque 210.000 habitants, colonie portugaise jusqu'en 1975, le président n'a qu'un rôle honorifique, de représentation et de promulgation des textes, l'essentiel du pouvoir exécutif dans ce régime parlementaire revenant au Premier ministre. Ce poste est occupé par le social-démocrate Jorge Lopes Bom Jesus depuis qu'une coalition socialiste a remporté les législatives de 2018 contre le parti de centre-droit de M. Carvalho.Après 15 années d'un régime marxiste au parti unique, Sao Tomé s'est ouvert au multipartisme en 1991.Après plusieurs tentatives de coups d'Etat, dont les dernières en 2003 et 2009, le régime parlementaire s'y est affirmé et a permis plusieurs alternances au pouvoir entre les deux grandes forces qui animent la vie politique: l'Action indépendante démocratique (ADI, centre-droit) de M. Carvalho et le Mouvement pour la libération de Sao Tomé-et-Principe (MLSTP, centre-gauche, ancien parti unique).Le MLSTP, au pouvoir depuis 2016 grâce au soutien d'autres partis de gauche ou centre-gauche, présente dimanche aux électeurs Guilherme Posser da Costa, 68 ans, ancien chef du gouvernement et trois fois ministres des Affaires étrangères.Mais cinq autres membres de sa formation se présentent contre lui comme candidats indépendants. Parmi eux, Elsa Pinto, ancienne ministre des Affaires étrangères, Jorge Amado, ancien président du parti ou encore Maria das Neves, ancienne Première ministre qui avait porté les couleurs du parti à la présidentielle de 2016.Le président de l'Assemblée nationale, Delfim das Neves, dont le Parti de la convergence démocratique (PCD) appartient à la coalition gouvernementale, est également candidat.De l'autre côté de l'échiquier, Carlos Vila Nova porte les couleurs de l'ADI, devenu principal parti de l'opposition en 2016.Les trois favoris sont MM. Posser da Costa, das Neves et Vila Nova parce qu'ils sont soutenus par les trois plus grandes formations.Certains candidats ont fait campagne en dénonçant la corruption qui afflige selon eux le pays. Dans son rapport 2020 sur l'Indice de perception de la corruption dans le monde, l'ONG Transparency International a classé Sao Tomé-et-Principe au 66e rang sur 180 pays.Le pays dépend à environ 90% de l'aide internationale pour ses investissements d'infrastructures et ses importations de produits finis. Ses principaux revenus propres sont issus des exportations de cacao, de café, ainsi que du tourisme. L'agriculture vivrière sur des terres très fertiles et irriguées par des pluies abondantes, ainsi que la pêche artisanale assurent cependant une grande partie de la nourriture quotidienne.L'archipel - formé de deux îles principales, Sao Tomé et Principe -, où l'immense majorité des enfants sont scolarisés et où les crèches sont nombreuses, figure au 135e rang mondial sur quelque 190 pays dans le dernier classement de l'ONU pour l'Indice de Développement Humain (IDH). En 2017, les deux tiers de la population vivaient en dessous du seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale.