Soudan: Khartoum veut délimiter les frontières et régler Abyei avant le référendum

19 octobre 2010 à 10h45 par La rédaction

LE CAIRE (AFP)

Le ministre soudanais de la Défense a insisté mardi au Caire sur la nécessité de délimiter en préalable les frontières entre le Nord et le Sud-Soudan et de résoudre la question de la région d'Abyei pour que le référendum d'autodétermination du Sud ne débouche pas sur des tensions.

Abdelrahim Mohammed Hussein a indiqué avoir expliqué au président égyptien Hosni Moubarak "l'importance de la démarcation des frontières afin que le référendum se fasse sur des frontières connues, et aussi la nécessité de résoudre la question d'Abyei", a rapporté l'agence officielle égyptienne Mena.

"Il faut bien préparer la tenue du référendum parce qu'il n'est pas une fin, mais un moyen pour (...) la sécurité et la stabilité", a-t-il ajouté.

"Il y a eu un accord sur la démarcation d'environ 80% des frontières entre le Nord et le Sud.Le problème réside dans moins de 20% des régions frontalières", a-t-il poursuivi.

Il a souligné "la nécessité de résoudre le problème de la démarcation des frontières pour préparer le terrain au référendum, afin qu'il n'y ait aucun prétexte à des combats à l'avenir".

En réponse à une question sur des indications selon lesquelles le référendum pourrait être reporté, le ministre a affirmé que "la logique et la réalité (sur le terrain) disent cela, mais il est nécessaire de résoudre toutes les questions comme les frontières et Abyei dans le cadre d'un seul Etat, parce que les résoudre dans le cadre de deux Etats ouvre la voie à des ingérences étrangères et à des dissensions".

Les Sud-Soudanais doivent choisir, entre le maintien de l'unité avec le Soudan et la sécession, lors d'un référendum prévu le 9 janvier prochain, dont la préparation connaît déjà des retards.

Un autre référendum sur le rattachement de la région pétrolifère disputée d'Abyei au Sud ou au Nord est prévu le même jour, selon l'accord de paix global (CPA) qui a mis fin en 2005 à plus de deux décennies de guerre civile entre le Nord, majoritairement arabo-musulman, et le Sud, en grande partie chrétien.

Mais des responsables à Khartoum ont affirmé la semaine dernière que le référendum d'Abyei ne pouvait avoir lieu à la date prévue en raison d'un différend sur le droit de vote des nomades arabes nordistes Messiriya.