Soudan: l'ONU évoque de possibles "crimes contre l'humanité" au Kordofan-Sud

15 août 2011 à 10h19 par La rédaction

GENEVE (AFP) - (AFP)

De possibles violations des droits de l'Homme ont été signalées dans l'Etat soudanais du Kordofan-Sud, qui si elles sont prouvées, pourraient constituer "des crimes contre l'humanité ou des crimes de guerre", indique lundi un rapport du Haut-commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme.

Ce rapport de 12 pages couvrant la période 5 au 30 juin 2011 évoque notamment des "exécutions extrajudiciaires, des arrestations arbitraires et détentions illégales, des disparitions forcées, des attaques contre les civils, des pillages et la destruction de propriété" particulièrement dans la ville de Kadugli.

Le rapport décrit également des bombardements aériens sur des zones civiles à Kadugli, où d'intenses combats opposent l'armée soudanaise aux rebelles Nuba qui avaient combattu aux côtés des Sudistes lors de la guerre civile entre le Nord et le Sud (1983-2005).

Ces bombardements, qui se sont produits également dans d'autres zones du Kordofan-Sud, ont provoqué "d'importantes pertes en vie humaines", note le rapport.

"Ceci est un rapport préliminaire compilé dans des circonstances très difficiles et avec un accès très limité aux zones touchées", précise la haut-commissaire aux droits de l'Homme, Navi Pillay, dans un communiqué."Cependant ce qu'il suggère de ce qui s'est passé dans le Kordofan-Sud est si grave qu'il est impératif que soit ouverte une enquête indépendante, approfondie et objective dans le but de faire rendre compte à leurs auteurs".

Le rapport rédigé conjointement avec la Mission des Nations unies au Soudan (MINUS) décrit également plusieurs affaires de détentions et des disparitions - y compris de femmes et d'enfants - ainsi que "d'une série d'assassinats extrajudiciaires ciblés sur des personnes qui étaient affiliés au SPLA et au SPLM-N", dont la plupart appartiennent à des communautés Nouba.

La haut-commissaire s'est déclarée par ailleurs "préoccupée" par "la poursuite" des violences dans les six semaines suivant la fin de la période couverte par le rapport.

Parmi les principales recommandations, le rapport demande qu'un accès soit accordé à des experts des droits de l'Homme afin de pouvoir enquêter sur les allégations de violations persistantes des droits de l'Homme, ainsi qu'aux organisations humanitaires qui tentent de porter secours aux populations.