Niger: débat au Parlement sur la présence de forces étrangères avant un vote

Les députés nigériens débattaient vendredi sur la présence de forces étrangères pour combattre les jihadistes dans leur pays, avant de voter pour ou contre, a constaté un journaliste de l'AFP.

AFRICA RADIO

22 avril 2022 à 17h06 par AFP

"Nouer de nouveaux partenariats ne remet nullement en cause notre souveraineté sur le territoire national", a assuré le Premier ministre Ouhoumoudou Mahamadou devant les 166 parlementaires, affirmant que le Niger "est quasiment encerclé par les groupes armés terroristes". Dans sa lutte contre les mouvements jihadistes liés à Al-Qaïda et au groupe État islamique (EI), le Niger bénéficie du soutien de plusieurs pays occidentaux, dont la France et les Etats-Unis, qui ont des bases militaires à Niamey et dans la région d'Agadez (nord). Mais des ONG nigériennes dénoncent cette présence de militaires étrangers qu'elles considèrent comme "des forces d'occupation" et "une menace pour la souveraineté du pays". C'est "compte-tenu des controverses" autour de la présence "des forces alliées" que "le gouvernement a proposé un texte" qui indique "de façon non équivoque l'ouverture de notre pays à conclure des alliances" contre les jihadistes, a justifié le Premier ministre. Le résultat du vote laisse peu de place au doute, le parti au pouvoir du président Mohamed Bazoum disposant d'une écrasante majorité à l'Assemblée nationale. "Le retrait" prochain de la force anti-jihadiste française Barkhane et européenne Takuba du Mali "constitue un facteur important d'aggravation de la situation sécuritaire" le long des 800 km de frontière entre le Niger et le Mali, a estimé le chef du gouvernement. "De nouvelles implantations de forces spéciales étrangères seront créées plus près des théâtres d'opération (près du Mali)" dont "les règles d'engagement" feront l'objet "d'accords conformes aux dispositions constitutionnelles et légales de notre pays", a-t-il poursuivi. "Nous ne pouvons pas donner un blanc seing au gouvernement," a affirmé Soumana Sanda, un parlementaire de l'opposition, un autre évoquant "des zones d'ombre". "Le Niger seul ne peut mener cette guerre, la recherche des partenaires s'impose nécessairement et nous avons fait notre choix, celui de la France", a de son côté affirmé le député de la majorité, Yacine Ben Mohamed. Outre les forces spéciales étrangères de la France et des Etats-Unis déjà présentes, le Niger s'est déclaré prêt à en accueillir d'autres. Selon le chef du gouvernement, "malgré les efforts déployés" pour contenir la menace, "le bilan humain et économique est lourd". En 2021, plus de 800 victimes en majorité civiles ont été dénombrées, et 758 écoles abritant 72.981 élèves étaient toujours fermées au 31 janvier 2022, selon lui.