RDC : Tshisekedi met en garde contre l'indiscipline et des détournements dans l'armée

AFRICA RADIO

17 février 2022 à 17h51 par AFP

Le président congolais Félix Tshisekedi a mis en garde jeudi les officiers contre des "cas d'indiscipline" et de mauvaise gestion des fonds dans l'armée en République démocratique du Congo à l'origine de "certains échecs" face à des groupes armés.

L'armée mène plusieurs opérations militaires dans l'est du pays notamment dans les provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu, placées depuis mai sous état de siège. "Plusieurs cas d'indiscipline ont été constatés à tous les niveaux du commandement" militaire, qui "ont contribué à certains échecs que nous avons connus sur le terrain", a déclaré M. Tshisekedi. Le chef de l'État s'exprimait lors d'une cérémonie d'échanges de voeux avec les officiers supérieurs de l'armée et de la police. Il a dénoncé "la mauvaise gestion de fonds et du matériel mis à la disposition des commandants d'unité". "Lorsque les commandants pensent pouvoir bien faire en s'enrichissant et en privant à nos hommes de troupe les moyens qui peuvent les motiver davantage dans leur mission, c'est trahir la République (...), ça c'est intolérable", a-t-il dit, promettant d'être désormais "plus sévère". Dans un autre registre plus politique, le chef de l'État a rappelé le "caractère apolitique" de l'armée et le "devoir de réserve" dont devrait faire montre les militaires. "Vous n'êtes pas là pour vous engager en politique. Si vous voulez vous engager en politique, c'est simple, vous déposez votre uniforme, vous rentrez à la vie civile", a dit le président de la République, promettant d'être "sans ménagement à l'égard des officiers véreux et récalcitrants". La mise en garde de M. Tshisekedi a lieu alors que son conseiller à la sécurité, François Beya (67 ans), est arrêté depuis le 5 février et détenu dans les locaux de l'Agence nationale de renseignements (ANR). En RDC, cette arrestation alimente toutes sortes de rumeurs, de la guerre de palais à la diversion, en passant par la tentative de coup d'État. La présidence congolaise a affirmé le 8 février que les enquêteurs avaient des "indices sérieux attestant d'agissements contre la sécurité nationale". Le Nord-Kivu et l'Ituri sont placées en état de siège. Le président Tshisekedi y a remplacé les autorités civiles par des officiers de l'armée et de la police pour combattre les groupes armés, sans mettre fin aux violences meurtrières.