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Soudan: l'aide internationale conditionnée à la mise en place d'un gouvernement civil

L'Union européenne a appelé vendredi les responsables politiques soudanais à mettre en place un gouvernement civil de transition en mesure d'affronter les immenses défis économiques et sociaux auxquels le pays est confronté après la guerre civile.

AFRICA RADIO

29 avril 2022 à 13h36 par AFP

Une délégation de hauts responsables de l'UE, des Etats-Unis, de la France, du Royaume-Uni, de l'Allemagne et de la Norvège s'est rendue à Khartoum pour "montrer leur soutien au peuple soudanais et à une transition civile vers la démocratie", souligne un communiqué commun. "Ils ont appelé à des progrès immédiats vers un gouvernement civil de transition (...) et se sont félicités de l'annonce des facilitateurs selon laquelle ils convoqueraient une réunion à cette fin du 10 au 12 mai", précise le communiqué. La délégation a appelé "toutes les parties prenantes soudanaises à participer de manière constructive et pleinement à ce processus et souligné les dangers de tout nouveau retard". Elle a "mis en garde contre tout accord ou gouvernement résultant de processus non inclusifs qui manqueraient de crédibilité auprès des Soudanais et de la communauté internationale". Les membres de la délégation se sont dits "préoccupés par la détérioration rapide de l'économie soudanaise (...) et se sont engagés à poursuivre l'aide humanitaire et d'autres formes d'assistance directe au peuple soudanais pendant cette période difficile". La mise en place d'un gouvernement civil "crédible" est la condition du soutien financier international, y compris de l'allègement de la dette, ont-ils averti. "Sans cela, le Soudan pourrait perdre des milliards de dollars en aide au développement de la Banque mondiale et le programme soudanais du FMI et les 19 milliards de dollars d'allègement de la dette associés seraient en péril", précise le communiqué. Le Soudan, sorti en 2019 de 30 années de dictature sous Omar el-Béchir, est depuis le coup d'Etat d'octobre 2021 englué dans le marasme politique et économique. L'homme fort du régime, le général Abdel Fattah al-Burhane, a menacé d'expulser l'émissaire permanent des Nations unies à Khartoum, Volker Perthes, après ses mises en garde contre un "effondrement économique et sécuritaire" du Soudan, à moins que la transition civile ne soit restaurée. Les représentants de l'UE et des cinq pays venus à Khartoum ont déploré "l'état fragile du processus de paix au Soudan, tragiquement illustré par la mort récente de plus de 200 personnes dans l'ouest du Darfour". La délégation a "fermement condamné ces violences" et a souligné qu'une "paix durable au Darfour et dans d'autres régions du Soudan était inextricablement liée à une transition civile vers la démocratie".