Soudan: Washington et l'UE exhortent l'armée à ne pas nommer un Premier ministre unilatéralement

Par AFP

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Les Etats-Unis, l'Union européenne, le Royaume-Uni et la Norvège ont exhorté mardi les militaires soudanais à ne pas nommer unilatéralement un Premier ministre en remplacement du civil Abdallah Hamdok qui a démissionné dimanche.

Ces pays préviennent dans une déclaration commune qu'ils "ne soutiendront pas un Premier ministre ou un gouvernement nommé sans l'implication d'un grand panel d'acteurs civils". "Toute action unilatérale pour nommer un nouveau Premier ministre ou gouvernement saperait la crédibilité" des institutions de transition "et risquerait de plonger le pays dans un conflit", ont-ils ajouté, appelant à un "dialogue immédiat mené par les Soudanais et facilité par la communauté internationale". Pour ces pays, la démission d'Abdallah Hamdok, "deux mois après la prise inconstitutionnelle du pouvoir par l'armée, renforce la nécessité urgente de voir tous les dirigeants soudanais réaffirmer leur soutien à la transition démocratique". "Cela doit rester une transition dirigée par les civils, pas juste une transition qui inclut des civils", a renchéri le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price lors d'une conférence de presse téléphonique. Les puissances occidentales continuent de défendre la transition démocratique lancée en 2019 après la chute de l'autocrate Omar el-Béchir sous la pression d'une révolte populaire. Mais celle-ci est de plus en plus menacée depuis le putsch mené le 25 octobre dernier par les militaires, qui avaient arrêté le Premier ministre avant de le remettre en selle face à l'insistance de la rue et de la communauté internationale. Mais le mouvement de protestation a qualifié cette entente de "trahison" et poursuivi ses manifestations, ce qui a finalement poussé Abdallah Hamdok à démissionner. "En l'absence de progrès, nous envisagerons d'accélérer les efforts pour que les acteurs qui font obstacle au processus démocratique rendent des comptes", ont mis en garde les alliés occidentaux dans leur déclaration. Ned Price a lui ajouté que les Etats-Unis examinaient "toutes les options" à leur disposition, laissant planer la menace de nouvelles sanctions.