L'Inde enquête sur des sirops contre la toux après 66 décès d'enfants en Gambie

AFRICA RADIO

7 octobre 2022 à 6h51 par AFP

Les autorités indiennes, alertées par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), enquêtent sur quatre sirops contre la toux et le rhume produits par un laboratoire local et qui pourraient avoir causé le décès de 66 enfants en Gambie.

Le ministère indien de la Santé a indiqué, dans un communiqué publié jeudi soir, que des échantillons des sirops désignés par l'OMS sont soumis à des analyses, en ajoutant que les résultats "guideraient la suite de l'action". Le laboratoire indien qui les produit, Maiden Pharmaceuticals basé dans l'Etat de l'Haryana, n'a exporté ces sirops qu'en Gambie et ne les vend pas en Inde, a précisé le ministère indien dans son communiqué. Selon l'OMS, quatre sirops indiens contre la toux et le rhume "pourraient avoir un lien avec des lésions rénales aiguës et le décès de 66 enfants". L'OMS a informé le contrôleur général des médicaments de l'Inde de ces décès fin septembre. "L'OMS mène une enquête avec l'entreprise et les autorités de réglementation en Inde", a indiqué mercredi le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS. Les produits désignés par l'OMS sont les sirops Promethazine Oral Solution, Kofexmalin Baby Cough Syrup, Makoff Baby Cough Syrup et Magrip N Cold Syrup, tous fabriqués par Maiden Pharmaceuticals. Le ministère indien de la Santé a en outre demandé à l'OMS de lui communiquer son rapport relatif à "l'établissement d'une relation de cause à effet entre les décès et les médicaments en question", toujours selon son communiqué. L'OMS a indiqué dans son alerte que "l'analyse en laboratoire d'échantillons de chacun des quatre produits confirmait une contamination par diéthylène glycol et éthylène glycol en quantités inacceptables". Le laboratoire Maiden Pharmaceuticals sollicité par l'AFP n'a pas répondu dans l'immédiat. Selon l'OMS, les quatre médicaments contaminés ont été identifiés en Gambie mais pourraient avoir été distribués, par le biais de marchés informels, ailleurs en Afrique. Par mesure de précaution, l'OMS recommande à tous les pays de détecter et de retirer ces médicaments de la circulation. Le rappel doit aussi s'appliquer aux importateurs, grossistes et détaillants de médicaments, y compris les hôpitaux.