Mali: le gouvernement annule l'attribution contestée de plus de 2.000 logements sociaux

AFRICA RADIO

3 mars 2022 à 18h51 par AFP

Le gouvernement malien a annulé l'attribution de plus de 2.000 logements sociaux dont certains bénéficiaires seraient des personnes proches des autorités dominées par les militaires.

La publication mi-février sur les réseaux sociaux d'une liste de plusieurs centaines de bénéficiaires de ces logements bamakois avait fait scandale au Mali. Sur cette liste figurent des personnes supposées proches des autorités qui ont proclamé la lutte contre la corruption comme un de leurs grands combats. Le gouvernement avait le 16 février annoncé la suspension de l'attribution de ces logements, invoquant "quelques anomalies" dont il a eu connaissance "à travers les médias". Il a décidé "l'abrogation de la décision" du 9 février "fixant la liste définitive des bénéficiaires de 2.218 logements sociaux", dit un arrêté du ministère de l'Habitat daté du 28 février et consulté jeudi par l'AFP. Ces plus de 2.000 logements faisaient partie de la deuxième tranche d'un programme gouvernemental de 12.566 unités de l'année 2015, précise l'arrêté. Cette affaire a enflammé la toile. Le chef de la junte, le colonel Assimi Goïta, a ordonné une enquête, avait indiqué le 16 février un haut responsable de ses services sous couvert d'anonymat. La corruption réputée endémique est un des facteurs de la mobilisation qui s'est conclue avec le putsch qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta en août 2020 et avec l'avènement des militaires. La Charte de la transition, sorte d'acte fondamental de la période censée précédée un retour des civils à la tête du pays, énonce l'"intégrité", la "probité", le "mérite" ou encore la "transparence" parmi ses grands principes. "La lutte contre la corruption et l'impunité, ainsi que le retour d'un minimum de sécurité sont des nécessités vitales pour le Mali. Ces priorités sont au coeur de la vision de refondation de l'Etat et de l'amorce du Mali nouveau", déclarait le chef du gouvernement installé par les militaires, Choguel Kokalla Maïga, le 7 février devant des diplomates étrangers.