Le Ghana veut que le navire argentin libère sa place à quai

Par La rédaction

ACCRA (Ghana) (AFP) - (AFP)

Des responsables ghanéens ont demandé jeudi à un juge de faire déplacer le bateau école argentin Libertad, retenu au port dans un port proche d'Accra à la suite d'un différend sur la dette du pays sud-américain, celui-ci occupant un espace précieux à quai.

Les autorités portuaires ghanéennes ont comparu devant le tribunal de commerce d'Accra suite à leur requête datant du 19 octobre de mettre le Libertad au mouillage, car l'imposant trois mâts gêne les activités commerciales de Tema, le principal port du Ghana, proche de la capitale ghanéenne. 

"Le port est congestionné et les activités commerciales sont pratiquement à l'arrêt", a déclaré Asare Darko, l'avocat des autorités portuaires, à l'AFP.

"La situation est de plus en plus chaotique, on ne peut pas laisser un navire militaire au milieu des bateaux de commerce.Hier il y avait environ 20 bateaux en attente pour accoster", a-t-il ajouté.

Kizito Beyuo, avocat pour l'état argentin, qui a fait savoir à la cour que Buenos Aires s'opposerait à cette requête, a demandé un ajournement de la décision de justice au 1er novembre qui lui a été accordé.

Le fonds spéculatif NML, qui est à l'origine de la détention de la frégate argentine au Ghana, ne s'opposera pas à sa mise au mouillage, selon son avocat, Ace Ankomah.

280 marins --argentins pour la plupart, mais aussi originaires d'autres pays sud-américains-- membres de l'équipage du bateau ont été rapatriés mercredi à bord d'un avion affrété par l'Argentine.

Buenos Aires a dû organiser l'évacuation de ce navire emblématique à la suite de la décision du tribunal d'Accra de le retenir depuis plus de 3 semaines à Tema, à la demande du fonds spéculatif NML qui réclame à Buenos Aires le paiement d'une dette de plus de 370 millions de dollars (283 millions d'euros).

NML, un fonds spéculatif basé aux Iles Caïman, filiale de la société new-yorkaise Elliott Capital Management, avait acheté une partie de la dette argentine à bas prix au moment de l'effondrement de l'économie argentine, en 2001.

Buenos Aires a depuis rééchelonné ou remboursé 93% de sa dette, les 7% restants étant pour l'essentiel entre les mains de fonds spéculatifs.