Le Nigeria veut emprunter 7 milliards de dollars pour faire face à la crise

Par AFP

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Le Nigeria espère emprunter 6,9 milliards de dollars (6,4 milliards d'euros) à des institutions internationales, dont le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, pour compenser les conséquences désastreuses de la pandémie de coronavirus sur son économie, a annoncé lundi le gouvernement.

Le premier producteur de pétrole en Afrique subsaharienne, qui est aussi le plus peuplé du continent (200 millions d'habitants), souffre particulièrement de la chute des prix du baril, à moins de 20 dollars ces derniers jours."Nous contribuons à hauteur de 3,4 milliards de dollars au FMI et nous avons le droit de retirer la totalité de ce montant", a déclaré la ministre des Finances Zainab Ahmed à la presse. "Nous avons dans un premier temps demandé ce montant maximum, mais c'est un processus, nous négocierons." Ce financement entrerait dans le cadre de la Facilité de crédit rapide (FCR) mise en place par le FMI pour fournir une aide financière concessionnelle rapide aux pays à faible revenu et ne serait "lié à aucune conditionnalité", a-t-elle ajouté.Le Nigeria a par ailleurs demandé des financements de 2,5 milliards de dollars à la Banque mondiale et 1 milliard de dollars à la Banque africaine de développement, selon la ministre.Le gouvernement prévoit la création d'un "fond d'intervention de crise" de 500 milliards de nairas (1,3 milliard de dollars) pour renforcer le système de santé du pays, considéré comme particulièrement vulnérable. Mais l'Etat a dû réduire drastiquement son budget à la baisse pour 2020 en raison de la chute des cours du pétrole, qui contribue habituellement à 70% de ses recettes.Le Nigeria a officiellement enregistré jusqu'à présent 232 cas et 5 décès dus au nouveau coronavirus. Les autorités ont placé en confinement la mégapole économique de Lagos et la capitale fédérale, Abuja, afin de contenir la propagation du virus. Le pays est considéré comme particulièrement fragile face à la pandémie en raison de ses infrastructures de santé défaillantes et de sa forte densité de population.