Mis sous pression par Washington, le gouvernement libérien autorise une manifestation (opposition)

24 décembre 2019 à 18h08 par AFP

AFRICA RADIO

Les opposants au président libérien George Weah ont indiqué mardi que les autorités étaient revenues sur leur décision d'interdire une grande manifestation prévue le 30 décembre, au lendemain d'une mise en garde d'un influent membre du Congrès des Etats-Unis.

"Au regard de nos liens historiques avec le Liberia, le Congrès des Etats-Unis suivra de près la manifestation de masse prévue le 30 décembre à Monrovia, et j'appelle le gouvernement du Liberia à respecter la liberté d'expression et de rassemblement des citoyens libériens", a écrit lundi dans un communiqué le représentant républicain Chris Smith, spécialisé dans les questions africaines et de droits humains."Quiconque supprime ces droits fondamentaux, ou participe à des actes de corruption, pourrait très bien être visé par des sanctions +Magnitsky+ (du nom d'une loi américaine permettant de sanctionner les suspects de violation des droits de l'Homme ou d'actes importants de corruption)", a averti l'élu américain."La manifestation prévue le 30 décembre est sur les rails", a affirmé mardi à Monrovia Henry Costa, figure de proue du Conseil des patriotes (COP), un collectif composé de dizaines d'associations de la société civile, y compris des pans de la jeunesse ayant porté George Weah au pouvoir en janvier 2018, qui mène la contestation pour réclamer une amélioration des conditions de vie de la population.Le ministre de la Justice, Musa Dean, a donné son accord et promis de garantir la sécurité des manifestants parce que le Conseil des patriotes, "dans sa communication officielle, ne réclame pas le départ du gouvernement", même si plusieurs membres du COP souhaitent le départ de George Weah à titre individuel, a dit M. Costa. Le ministère avait refusé le mois dernier d'autoriser cette manifestation, la qualifiant d'"inconstitutionnelle", mais les opposants avaient maintenu leur mot d'ordre, faisant craindre de possibles violences dans ce petit pays ouest-africain affligé par la pauvreté, la dévaluation de sa monnaie et l'inflation, et cherchant toujours à fermer les plaies d'une guerre civile destructrice.Sollicitées par l'AFP, plusieurs sources au ministère de la Justice se sont refusées à confirmer ou infirmer l'information.Selon Henry Costa, un animateur de radio très populaire accueilli par des centaines de partisans à son retour des Etats-Unis au Liberia le 19 décembre, le feu vert a été donné lors d'une réunion avec une délégation du gouvernement, en présence de représentants des Nations unies et de la Cédéao."Nous avons très clairement dit que nous voulions exercer notre droit à manifester. Ils nous ont demandé d'agir comme (lors de la précédente grande manifestation) le 7 juin, à savoir de manifester dans le calme. Nous avons répondu que s'il n'y a pas de provocation, la marche sera pacifique", a-t-il précisé.