Mozambique: le chef de la Renamo à Maputo pour consolider la paix

Par La rédaction

Maputo (AFP)

Accueilli par plusieurs milliers de joyeux partisans, Afonso Dhlakama, chef historique de l'opposition mozambicaine et ex-guérillero, est sorti de la clandestinité pour arriver à Maputo, où il doit rencontrer vendredi le chef de l'Etat afin de consolider un cessez-le-feu décidé en août.

Le leader de la Renamo, âgé de 61 ans, est arrivé jeudi à l'aéroport de la capitale, a constaté une journaliste de l'AFP.Il avait pris le maquis en octobre 2012 dans le centre du pays t ses troupes entretenaient depuis un état de conflit larvé avec les forces gouvernementales. 

Il doit rencontrer le président Armando Guebuza vendredi pour sceller avec lui l'accord de paix conclu par les négociateurs des deux camps le 25 août.

"Nous attendions ce moment depuis si longtemps", a déclaré à l'AFP un partisan de la Renamo, Elias Arnaldo, "maintenant nous avons de l'espoir".

La Renamo était à l'origine une guérilla antimarxiste ayant affronté le gouvernement du Frelimo au cours d'une longue guerre civile qui a fait un million de morts de 1977 à 1992, et au cours de laquelle elle a commis nombre de graves violations des droits de l'homme, notamment en enlevant des enfants pour en faire des esclaves et des combattants, comme le fait actuellement l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), la rébellion ougandaise.Depuis la fin de la guerre civile, elle s'est reconvertie en parti d'opposition.

Mais les relations n'ont eu de cesse de se détériorer entre les deux camps, la Renamo accusant le Frelimo de monopoliser le pouvoir et de s'accaparer le produit des richesses du pays.

Outre une amnistie, l'accord de cessez-le-feu signé le 24 août en l'absence de Dhlakama, prévoit notamment l'intégration des hommes de la Renamo dans les forces de sécurité nationale.

Bien des questions qui fâchent restent cependant en suspens, notamment le fait que des membres de l'opposition se soient vu refuser de nombreux postes ces vingt dernières années.La Renamo, qui peine à redevenir une organisation purement civile, a en outre obtenu de pouvoir garder ses armes.

La foule à l'aéroport scandait le nom du leader de retour après cinq ans d'absence dans la capitale.En 2009, Dhlakama s'était installé dans la ville de Nampula, au nord du pays, après plusieurs revers électoraux de la Renamo contre le Frelimo, le parti au pouvoir.

Son retour s'inscrit dans la perspectives des élections générales prévues le 15 octobre, auxquelles il sera candidat pour le poste de président.

"Le 15 octobre, je veux que vous votiez d'abord pour Afonso Dhlakama, puis pour la Renamo!", a-t-il lancé à la foule qui l'accueillait à son arrivée, en référence aux scrutins présidentiel et législatif à venir.

Le président Guebuza, qui arrive au terme de son second mandat, ne peut se représenter, mais le candidat du Frelimo, l'ancien ministre de la Défense Felipe Nyusi, semble certain de la victoire.

La dernière rencontre de Dhlakama avec le président Guebuza remonte à la fin 2011 à Nampula.Les deux hommes n'avaient pas convié la presse, et leur conversation n'avait visiblement apaisé aucune tension à l'époque.

La rencontre de vendredi, au palais présidentiel, devrait avoir un tout autre visage.Elle pourrait calmer les inquiétudes des investisseurs internationaux, attirés par les énormes gisements du Mozambique, notamment gaziers.

"Je suis très optimiste maintenant", a déclaré à l'AFP l'ambassadeur du Portugal au Mozambique, Jose Duarte, "je crois qu'il existe une forte volonté de résoudre les problèmes d'une façon pacifique, plutôt que d'avoir recours au conflit".