RDC: Washington rétablit des sanctions contre un milliardaire israélien accusé de corruption

Par AFP

AFRICA RADIO

Les Etats-Unis ont rétabli lundi des sanctions contre le milliardaire israélien Dan Gertler, accusé de corruption dans le secteur minier en République démocratique du Congo (RDC), qui avaient été allégées juste avant le départ de Donald Trump de la Maison Blanche.

La mesure prise par l'administration de l'ex-président américain "était en contradiction avec les intérêts américains de politique étrangère en matière de lutte anticorruption dans le monde entier, dont les efforts (...) visant à combattre la corruption et promouvoir la stabilité en RDC", a expliqué dans un communiqué le porte-parole du département d'Etat, Ned Price.Une licence avait été accordée le 15 janvier à Dan Gertler et à certaines de ses entreprises, selon M. Price, lui permettant de refaire des affaires aux Etats-Unis et de voir ses avoirs débloqués, s'était alarmée l'ONG anticorruption The Sentry."Rétablir les sanctions permet de relancer les efforts anticorruption congolais et américains", a salué dans un communiqué le cofondateur de The Sentry, John Prendergast.L'organisation anticorruption Global Witness s'est félicitée "de la mesure prise par l'administration Biden pour révoquer la licence spéciale accordée à Dan Gertler à la fin du mandat de Trump".Cette décision de l'administration Trump, restée en vigueur pendant un mois, lui "permettait de reprendre ses activités commerciales avec des entités américaines pendant un an et de débloquer ses avoirs aux États-Unis", observe Global Witness. "Cette décision de l'administration Biden apporte une énergie renouvelée à nos efforts de lutte contre la corruption", estime le collectif Le Congo n'est pas à vendre.Le collectif a demandé au président congolais Félix Tshisekedi "une enquête congolaise sur les nombreux contrats accordés à Gertler".Soupçonné d'avoir signé des "contrats miniers et pétroliers opaques et entachés de corruption" en RDC, Dan Gertler avait été placé en décembre 2017 sous sanctions du département d'Etat américain.Washington l'accusait d'avoir faire perdre à la RDC "1,36 milliard de dollars de recettes" fiscales dans les années 2010, sous la présidence de Joseph Kabila, dont il était un proche.