Sénégal: hommage national pour un ténor socialiste, "serviteur infatigable de l'Etat"

Par AFP

AFRICA RADIO

Les plus hautes autorités sénégalaises ont rendu un hommage national mercredi au dirigeant socialiste Ousmane Tanor Dieng, ex-collaborateur des présidents Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf décédé lundi en France.

Le Sénégal "vient de perdre un serviteur infatigable de l'Etat", a déclaré le président Macky Sall lors d'une cérémonie sur la piste de l'aéroport international Blaise Diagne, à une cinquantaine de kilomètres de la capitale, en présence du président malien Ibrahim Boubacar Keïta.Recouvert d'un drapeau aux couleurs nationales, le cercueil contenant la dépouille du dirigeant socialiste, décédé à l'âge de 72 ans, était posé sur deux tréteaux blancs face au chef de l'Etat, qui en avait fait l'un de ses principaux alliés depuis son élection en 2012. Macky Sall a salué un "diplomate de carrière chevronné et au verbe mesuré", rappelant que le "président-poète Senghor l'avait appelé à ses côtés en 1978 parce qu'il cherchait un diplomate qui sache écrire".M. Dieng devait être inhumé plus tard dans la journée à Nguéniène (ouest), village dont il était le maire.Ousmane Tanor Dieng, à la tête du Parti socialistes (PS) depuis 1996, est décédé à Bordeaux (France), où il était soigné depuis plusieurs mois. Sa disparition a suscité une vive émotion au Sénégal, où il dirigeait le Haut Conseil des collectivités locales.Après avoir servi sous le président Senghor (1960-1980), fondateur du PS sénégalais, il était devenu le principal collaborateur et homme de confiance de son successeurs Abdou Diouf (1981-2000). Il a en revanche été un opposant irréductible, bien que toujours courtois, au libéral Abdoulaye Wade, au pouvoir de 2000 à 2012.Ses détracteurs lui ont imputé la défaite puis le déclin, à partir de 2000, du PS, dont il a été le candidat malheureux aux présidentielles de 2007 et 2012.Eliminé au premier tour en 2012, il s'était rallié à Macky Sall. Depuis lors, le PS est membre de la coalition présidentielle et n'a pas présenté de candidat à la présidentielle de 2019.Ses opposants lui ont reproché de n'avoir pas soutenu une autre figure du PS, l'ex-maire de Dakar Khalifa Sall, lorsqu'il a quitté avec fracas la majorité présidentielle, avant d'être exclu du Parti socialiste.Khalifa Sall, en détention depuis mars 2017 et condamné en août 2018 à cinq ans de prison pour "escroquerie portant sur les deniers publics", a rendu un hommage ému à son ancien mentor depuis sa prison. Il a vu son ultime recours contre sa condamnation rejetée mardi par la Cour suprême.