Taxe financière européenne: l'Afrique ne veut pas être oubliée

Par La rédaction

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TOKYO (AFP) - (AFP)

Les pays africains ne veulent pas être oubliés par les Européens lorsque ces derniers décideront de l'affectation de la taxe sur les transactions financières, a affirmé jeudi à Tokyo le ministre des Finances de la République démocratique du Congo (RDC), Patrice Kitebi.

"S'il n'y a pas un lobbying suffisamment fort, la taxe sur les transactions financières va se transformer en source de financement des budgets qui la génèrent", a mis en garde le ministre congolais, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion des pays francophones."Et donc nous avons besoin de nous constituer en lobby relativement fort", a-t-il ajouté, en marge de l'assemblée annuelle du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.

M. Kitebi, qui s'exprimait au nom de plusieurs pays francophones, a précisé que ses collègues n'avaient pas encore déterminé quelle devrait être la part leur revenant dans le produit de cette taxe."Au stade actuel on n'a pas encore eu une négociation qui définisse une proportion raisonnable, mais je pense que cela fera partie des discussions", a-t-il souligné.Mais "le plus nos partenaires seront disposés à nous donner, évidemment le mieux ça vaudra pour nous", a ajouté le ministre.

Onze pays de la zone euro, dont l'Allemagne et la France, ont affiché mardi leur intention de créer, via une "coopération renforcée", une taxe sur les transactions financières.Des ONG ont réclamé qu'une part importante de ses revenus serve "à financer le développement et la lutte contre le changement climatique".

Le ministre français des Finances, Pierre Moscovici, a indiqué mercredi que la France était prête à consacrer 10% du montant de cette taxe à l'aide au développement mais la question n'a pas encore été tranchée au niveau européen.

La Commission européenne a calculé que les recettes s'élèveraient à environ 57 milliards d'euros par an si tous les pays de l'UE y participaient.

Mais certains comme le Royaume-Uni, qui applique pourtant une taxe similaire, ou la Suède, qui a tenté l'expérience sans succès dans les années 1980, s'y sont opposés dès le début, craignant une délocalisation des activités financières.